D.-D. Home

 

 

 

 

 

par

 

 

 

 

 

BEAUDELOT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Daniel Dunglas Home est né, près d’Édimbourg (Écosse), le 20 mars 1833. Sa mère possédait le don de la seconde-vue (clairvoyance) ; ce don, que l’on constate fréquemment chez les habitants de ce pays, était depuis longtemps héréditaire dans sa famille. La médiumnité de Daniel Home devait atteindre les plus hauts degrés de développement et se manifester sous les formes les plus diverses.

Il avait neuf ans lorsque sa famille émigra en Amérique. À treize ans, il vit, pour la première fois, un esprit qui lui annonça son arrivée dans l’espace. En 1850, sa mère vint l’informer de sa mort en lui répétant à trois reprises ces mots : Daniel, midi ! Cette révélation fut confirmée par les nouvelles qui vinrent quelque temps après : sa mère était partie à midi le jour où elle s’était manifestée à son fils. C’est à ce moment qu’il adressa à Dieu une ardente prière, lui demandant qu’il lui permît de consacrer sa vie à la propagation de la Vérité qu’il venait de constater : la réalité de l’existence dans l’au-delà.

Ses débuts dans la vie furent très pénibles.

Devenu orphelin, il fut recueilli par une parente, protestante rigide qui attribuait à Satan les phénomènes physiques qui se produisaient constamment en sa présence, et il fut chassé du toit qui devait l’abriter ; mais ses guides et ses protecteurs spirituels ne l’abandonnèrent pas.

Forcés par la rumeur publique, les savants américains durent bientôt s’occuper de ces phénomènes à peu près inconnus alors, et dont le caractère coïncidait avec ceux des esprits frappeurs qui avaient fait leur apparition dans la famille Fox, à Rochester. Cependant, les manifestations produites en la présence de D.-D. Home étaient plus variées et d’un ordre plus élevé : incarnations, lévitations, transports sans contact, clairvoyance, clairaudience, guérisons, voix, écriture directe, matéralisations. Toutes ces médiumnités si rares et si convaincantes, tous ces faits obtenus ordinairement par des médiums différents se produisaient en sa présence. Et si on ajoute que toutes ces manifestations avaient toujours lieu en pleine lumière, sous le contrôle le plus rigoureux, on ne doit plus s’étonner que les sceptiques les plus endurcis aient été contraints de se rendre à l’évidence.

Prenons par exemple, le phénomène d’incarnation qui est peut-être le moins convaincant pour un incroyant :

L’esprit ne se contentait pas de désigner son nom et de se lancer dans les généralités ; non, l’esprit énonçait des faits qui souvent n’étaient connus que de lui seul sur la terre, répondait aux questions, donnait des détails sur sa vie, sa mort, son entourage terrestre avec dates à l’appui, toujours inconnus du médium et souvent même des personnes présentes, mais qui vérifiées se trouvaient exactes. L’identité était indiscutable, car la lecture dans la pensée des assistants était inadmissible.

Nous donnons plus particulièrement cet exemple parce que l’incarnation ne tombe pas sous le contrôle des instruments de précision, auxquels beaucoup de savants soumirent les manifestations physiques obtenues par D.-D. Home. Le résultat de ces expériences était constamment le même ; il prouvait l’existence d’êtres intelligents pensants et agissant sur nous et la matière qui nous entoure. Les bornes de cette notice ne nous permettent pas de citer d’autres faits appartenant à cette existence incomparablement remplie.

Le premier savant qui fut convaincu que les phénomènes produits en présence de Daniel Home étaient réellement des manifestations de la vie d’outre-tombe, fut le professeur Bush ; il serait impossible de rappeler les noms de toutes les hautes personnalités qui, dans le monde, les sciences, les arts et les lettres furent témoins de ces manifestations et suivirent l’exemple du professeur Bush. Nommons cependant William Crookes, qui, parmi les savants, est considéré comme un de ceux qui ont méthodiquement poursuivi leurs investigations et qui ont eu le rare courage de les publier, mais trop souvent on oublie de citer le nom du medium qui donna son temps et sa santé au savant, nous devons à la vérité de réparer cet oubli.

D.-D. Home n’acceptait jamais d’argent pour ses séances. Il vécut du produit de ses conférences, lorsqu’un procès de succession vint lui apporter une très modeste aisance.

Il s’était marié à Saint-Pétersbourg en 1858, et en 1859 il lui naquit un fils. Sa femme mourut en 1862. Home se remaria en 1872 avec une demoiselle russe et de ce second mariage il n’eut qu’une fille, qui mourut en bas âge.

Le désintéressement de Home lui attira l’inimitié d’une foule de personnes qui battent monnaie avec le sentiment sacré de l’amour que tout homme conserve pour les êtres aimés qu’il a perdus. Ajoutons à cette qualité rare son horreur pour tout ce qui était mensonge et duplicité, et nous comprendrons facilement combien nombreux furent ses ennemis qu’excitaient l’envie et la jalousie de sa médiumnité. Son ouvrage Les lumières et les ombres du spiritualisme 1, dans lequel il cingla sans pitié les imposteurs et les faux médiums, mit le comble à ce concert de sifflements haineux et aux flots de bave qu’on essaya de déchaîner sur lui. Mais son âme était au-dessus de toutes ces vilenies. Les moqueries des critiques, les rires des sots également incapables d’approfondir les phénomènes, la calomnie, voire même les coups poignard de Rome et les stupides mensonges racontés sur sa vie le laissaient impassible. Il avait le devoir de flageller les charlatans et il put s’en acquitter, car il était au-dessus de tout reproche ; il avait le droit de mépriser toutes les calomnies dont il était l’objet, car sa vie publique et privée était sans tache.

D.-D. Home quitta la terre, à Paris, et entra dans le monde des esprits le 21 juillet 1886.

Nous sommes heureux de saisir l’occasion de l’anniversaire de la naissance de Home pour offrir le faible témoignage de notre vénération à la mémoire du grand médium, qui, en dépit de tous les obstacles, combattit le bon combat pour le triomphe de la lumière et de la vérité.

Nous lui sommes reconnaissants de nous avoir montré par l’exemple de toute sa vie que le vrai spiritualiste doit suivre toujours la route étroite que le devoir lui a tracée.

 

BEAUDELOT.

 

Paru dans Le Spiritualisme moderne en mars 1898.

 

 

 



1  Il publia Incidents de ma vie surnaturelle, 2 volumes épuisés. Après sa mort, sa veuve fit imprimer deux remarquables ouvrages contenant sa biographie.

 

 

 

 

 

 

 

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