L’évolution de l’âme

 

 

 

 

 

par

 

 

 

 

 

Maxime DU CAMP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je crois en mon âme ; émanation essentielle de Dieu, partie intégrante de lui et divine comme il est divin ; je crois à mon âme immatérielle et progressive de sa nature, intelligente dans ses opérations, éternelle dans sa destinée !

Elle a vécu déjà sous une forme palpable, et elle vivra encore : elle ira gravissant l’échelle ascensionnelle de l’agrandissement intellectuel.

Je crois à la persistance du moi, force latente dont je suis certain et qui parfois surgit dans toute sa clarté, conscience endormie, mais toujours vivante, qui se réveille le jour où la mort se rend maîtresse de mon corps. Bientôt, je vais mourir, c’est-à-dire bientôt je serai approprié à une transformation nouvelle ; alors mon âme, dépouillée de cette enveloppe charnelle qui l’emprisonne et dont elle cherche toujours à sortir, mon âme, rentrée en pleine possession de son moi, comprendra tous les progrès qu’elle a déjà faits, apercevra ceux qui lui restent à faire, et s’incarnera joyeusement dans un autre corps, afin de continuer l’œuvre pour laquelle Dieu l’a choisie.

Je crois à la mission providentielle de ces hommes d’abnégation, apôtres et prophètes, qui ont élevé l’esprit humain en l’initiant à des vérités supérieures, et qui ont jeté sur leur race des semences dont les générations venues ensuite ont récolté les fruits ; je crois à Zoroastre, à Manou, à Abraham, à Moïse, à Confucius, à Jésus-Christ, à Manès, à Mahomet, à Luther et à bien d’autres encore ; je crois à ceux que j’ai vus de nos jours, doux, bienfaisants, pacificateurs, réhabilitant la chair et fécondant l’esprit, et qu’on a abreuvés d’outrages, afin qu’ils aient aussi leur martyre, comme le Fils de l’homme. Je repousse de toute ma raison cet épouvantail insensé de peines éternelles, d’enfer plein de flammes, de Diables incarnés et de Satans maudits à toujours : fantasmagorie risible, dont les méchants ont usé pour terrifier les faibles. Je crois à un Dieu d’indulgence et de miséricorde ; le Dieu de vengeance est mort et ne renaîtra plus ; les temps sont passés des divinités de colère et de terreur ; les cieux impitoyables sont fermés à jamais ; Jéhovah Sabaoth n’a plus d’armées et voilà que le sang de son Fils ne suffit plus à désaltérer l’humanité haletante.

 

 

Maxime DUCAMP (Livre posthume).

 

Paru dans Le Spiritualisme moderne en novembre 1899.

 

 

 

 

 

 

 

biblisem.net