Les Merveilles
DE LA
Création de DIEU
SUR LES HUIT
MONDES
Tels qu’ils ont été connus
Expérimentalement par
l’Auteure
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J. LEAD.
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Hébr. 1, 5. Par qui il a créé les MONDES
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LONDON,
Imprimé et vendu par T. Sowle
DE
L’ÉDITEUR
AU
LECTEUR
CE qui est contenu dans ce traité, l’Auteure en est très consciente, paraîtra plus qu’étrange à la plus grande partie de ceux qui l’examineront. Mais il n’est pas du tout douteux qu’il apportera avec lui un tel témoignage vivant pour la confirmation de sa véracité ; non seulement pour ceux qui sont déjà rachetés de la Terre et qui suivent l’Agneau partout où il va, étant libérés des traditions, des règles et des manuductions des hommes, mais aussi pour plusieurs qui ploient encore sous le nom, la marque et l’image de la Bête et du Principe mondain. Cela peut être suffisamment mis en évidence par son Auteur premier, et démontrer que le Grand Berger d’Israël ne manque pas maintenant de conduire ses brebis vers de nouveaux pâturages. L’accueil que les livres précédents portés au grand jour par cette intermédiaire a trouvé dans d’autres nations (depuis la publication du Nuage céleste et de la Révélation des Révélations en haut-hollandais) est certainement plus grand qu’il ne l’aurait été pour n’importe quel témoignage sans vie. Raconter comment Dieu a béni ces écrits et les bénit chaque jour (comme le montrent les lettres qui nous parviennent continuellement de l’étranger) nous obligerait à écrire un livre d’histoire. Et si un prophète n’est pas aussi estimé dans son pays que dans un autre, ce n’est pas une chose nouvelle ou surprenante, puisque notre Seigneur Lui-même, qui a rencontré les pires accueils là où il aurait dû trouver les meilleurs, était, en ce qui concerne son pouvoir divin, plus étranger et moins cru dans sa propre ville que dans n’importe quelle autre.
La Sagesse de Dieu est extrêmement merveilleuse dans le choix qu’elle fait des instruments par lesquels elle se manifeste, afin qu’on n’attribue pas à la créature ce qui n’appartient qu’à elle. Elle prend un vase doux et craintif pour faire trembler les puissances les plus hautaines ; elle prend le fils le plus jeune et le plus méprisé d’un berger pour en faire un glorieux conquérant sur de nombreux princes puissants, et pour laisser un royaume en paix à sa postérité ; elle prend un simple laboureur pour le rendre capable de commander au ciel et à la terre, et même pour lui apprendre à détruire ses ennemis par un pouvoir invisible et à ressusciter les morts ; elle prend une femme pour être la mère et le sauveur d’Israël quand aucun homme n’était trouvé à cette fin ; enfin, elle prend quelques pêcheurs pour résister à toute la force et à toute la politique du monde et pour en triompher. Il faut donc dire : « C’est vraiment l’œuvre du Seigneur, et c’est merveille à nos yeux. »
La part humaine est assurément si petite dans ce qui nous est parvenu par cet instrument béni, et cet instrument est si incapable de tirer avantage de cette part, que ceux qui y recherchent cette part humaine ne peuvent qu’en éprouver du dépit. Par conséquent, à ceux qui recherchent davantage la Sagesse d’en haut que celle d’en bas, il est ici clairement démontré d’où elle provient. Et j’ai ici la permission de dire que pour quiconque souhaitera obtenir davantage de satisfaction sur le sujet traité ici, dans un esprit doux et sobre, l’auteure répondra volontiers à leur curiosité et s’entretiendra oralement avec eux tout en restant dans le Principe extérieur.
Ce qui est indéniable, c’est que, même si certains peuvent penser qu’ils sont quelque peu avancés (sentiment qui a pour effet de rendre les âmes plus insouciantes de leur état futur et de les inciter à ajourner l’heure de s’y préparer), il n’y a pas la moindre possibilité d’admission, même dans les Cieux les plus bas, sans la Nouvelle Naissance, en vertu du fondement sur lequel tout repose. C’est pourquoi il est extrêmement nécessaire que chacun s’en assure et s’efforce avec le plus grand sérieux de se libérer entièrement de la source infernale et de la mauvaise nature, en s’élevant au-dessus de tout ce qui est élémentaire, afin qu’en quittant notre monde visible, on puisse les trouver revêtus de l’Élément saint.
Ce qui est révélé ici aurait pu ne pas sortir du cercle de quelques confidents. Mais le même Esprit qui l’a révélé s’est plu à susciter, d’une manière merveilleuse, un grand et princier défenseur et protecteur de ces vérités divines et du haut mystère de la foi (dont le nom brille glorieusement dans le Livre de Vie non scellé), pour faire tout ce qui est nécessaire à la promulgation des heureuses nouvelles de l’Alliance éternelle et du Royaume de Dieu avec l’homme, à la construction du Temple de Jérusalem et au relèvement du Tabernacle de David tombé en ruine. L’effet en sera plus abondamment manifesté par ce qui sera publié par la suite, grâce à l’assistance et à la direction du Grand Maître-Bâtisseur, l’Éternel béni à jamais.
SOMMAIRE
Une Révélation concernant les Huit Mondes ou Régions destinées aux Âmes humaines, etc.
Une Révélation plus approfondie concernant les Quatre Mondes Célestes.
Une réponse à une Question.
UNE
RÉVÉLATION
Concernant les
Huit MONDES
OU
RÉGIONS
Destinées aux Âmes humaines,
Selon leur nombreux Degrés
d’Élévation ou d’Avilissement
La Révélation de Jésus Christ maintenant Glorifié, qui répand ses bénédictions par son Esprit sur les Hommes de Bonne Volonté et sur ceux qui attendent sa Manifestation.
§. 1. ALORS qu’on a fait entendre qu’aucune source nouvelle de révélation ne descend de Celui qui est monté aux cieux, voici que moi, JÉSUS le Seigneur, j’ai donné et suscité, et je donnerai et susciterai encore plus manifestement des témoins pour contredire les incrédules qui, tant qu’ils continueront ainsi, seront exclus de ce grand et inestimable privilège d’apprendre quelque chose de Moi, et par là même de connaître les secrets cachés qui se trouvent en Dieu, la Source de l’Éternité. Maintenant, à vous qui êtes déjà devenus de vrais témoins pour moi, Je donne l’ordre d’aller de l’avant avec un livre non scellé, renfermant une profondeur incommensurable de révélation, pour le publier afin d’éclairer universellement les ignorants et les aveugles d’esprit. Car c’est à partir de là que le jour de l’Esprit s’ouvrira rapidement, afin que l’on sache que Dieu, en son Christ, n’a pas oublié de se révéler aux habitants de ce bas monde, dans la vérité et la justice. Mais en même temps se produiront aussi des faux-semblants qui prendront les apparences de l’Esprit. C’est pourquoi mon Seigneur m’a dit que la révélation pure et juste ne devait pas sortir nue, ou seulement littéralement, mais revêtue de la puissance du chiffre sept, où la force de l’omnipotence garantira la véracité de son témoignage.
§. 2. Je vais maintenant rapporter quelques détails révélés par l’Esprit du CHRIST, dont le premier est celui-ci : Que le temps est très proche où la Terre doit rejeter les morts qui ont été ensevelis dans le corps du péché. À cette fin, un coup et une attaque terribles s’abattront soudain sur les nations de la Terre. Dieu a dit qu’il était fatigué de l’abomination du péché de ce monde, et qu’il voulait y mettre fin sous peu. Car il a été soufflé à mon oreille intérieure que la fin de tous les mondes pécheurs est désormais décrétée par leur grand Créateur. Sur cette parole, j’ai demandé en esprit à mon Seigneur : Dans quels autres mondes, en dehors de ce monde visible et connu, le mal du péché a-t-il encore subsisté ? Il me fut répondu que ceux qui quittent ce monde sans avoir quitté leur vie terrestre grossière et non mortifiée, sans avoir été purifiés par l’eau de régénération et le sang du Christ versé en eux pour expier les péchés et les offenses, lesquels persistent au moment où ils quittent cette vie, garderont ces péchés et ces offenses dans leur nature après leur mort. Ils passeront dans les Mondes, les Stations ou les Centres qui correspondent le plus à leur nature, et subiront en conséquence une grande diversité de châtiments proportionnés à l’impureté qui persiste en eux. Car le péché ne meurt pas totalement avec le corps, sauf si l’Esprit de justice s’est répandu sur lui. C’est pourquoi un cri est lancé à toutes les nations, à tous les peuples et à toutes les langues, pour qu’ils se débarrassent du levain corrompu du péché, afin que celui-ci ne les accompagne pas dans le ou les mondes où leur sort sera fixé.
§. 3. Car il m’a été révélé qu’il existe plusieurs Mondes ou Régions qui accueillent les âmes de tous les degrés et de tous les rangs, et qu’ils sont au nombre de huit. Le premier d’entre eux est ce Monde Visible Mortel ; le second est le Monde Astral ou Aérien ; le troisième est le Monde Élémentaire Aquatique ; le quatrième est le Monde des Ténèbres Ardentes. Ce sont tous les mondes où il peut y avoir des convoitises pécheresses, avec les châtiments qui s’y rattachent, jusqu’à ce que le péché y disparaisse, par la médiation et la propitiation du CHRIST, le Rédempteur tout-puissant. En effet, dans les quatre autres mondes, rien de mauvais ou de peccamineux ne peut entrer, ni résider dans ceux qui y habitent. Le premier de ces mondes est le Monde Paradisiaque, entièrement céleste et très agréable, où nous grandissons vers de plus hauts degrés de perfection, pour nous préparer au Royaume de la Montagne de Sion, où le Royaume du Christ Seigneur est en grande magnificence, avec toutes les principautés angéliques sous son autorité, ainsi qu’avec les Anciens, en tant que patriarches, prophètes et apôtres. Le Troisième Monde Céleste est le siège royal et principal de Dieu le Père, avec la Vierge éternelle, la Sagesse et les sept Esprits. Il porte le nom de la grande ville appelée la Nouvelle Jérusalem, qui est entourée par la Mer de Verre. Au-dessus, il y a le monde appelé l’Éternité immobile, à partir duquel ont été engendrés tous les mondes susmentionnés, dont je dois rendre compte, d’après ce qu’on m’en a montré, à partir de leur Centre profond et de leur Être originel. Je ne savais pas, lorsque j’ai publié mes deux derniers traités, la Vie Énochienne et les Lois Paradisiaques, que mon Dieu se servirait encore de moi de cette manière, le cours de ma vie étant déjà écoulé et s’acheminant vers le repos du soir. Mais mon Seigneur me poursuit avec de nouvelles révélations et de nouveaux enchantements provenant de Ses immenses profondeurs, qui coulent en moi comme un torrent ardent, de sorte que je constate qu’il n’y a pas moyen de résister à cette force irrésistible, par laquelle des mondes cachés et inconnus doivent être rendus manifestes dans cette dernière ère des Temps.
§. 4. Mais avant de poursuivre sur ce vaste et copieux sujet, il conviendra de répondre à une grande objection que l’on s’attend à voir surgir à la lecture de ce texte, à savoir : Puisque l’Écriture Sainte ne fait aucune mention de cette diversité de mondes, comment pouvons-nous accorder du crédit à la révélation de ceux-ci ? En réponse à cette objection, il est donné par Celui qui était, est et sera le Véritable Inspirateur, d’ouvrir de nouveaux volets de Sa Pensée, qui ne doivent pas être moins réputés et crédités que les Écritures précédentes. L’Ancien Testament a été affecté au ministère du Père, le Nouveau au Fils. Le troisième jour est venu, où le Saint-Esprit aura son rôle à jouer. Il dépassera tout ce qui a précédé, pour dévoiler et révéler ce qui n’a jamais été connu ou compris, et qui sera communiqué à et par ceux qui sont extraordinairement sanctifiés et mis à part pour cette sainte fonction. Car c’est de ce jour de l’Esprit que doit jaillir une nouvelle source de choses encore à révéler, tant en ce qui concerne l’état présent que l’état futur, qui sont restées cachées dans les mondes susmentionnés, et dont je vais rendre compte plus particulièrement, conformément à ce qui m’en a été montré par l’Esprit d’Inspiration. Car je n’écris ici que sur la base de ce que l’Esprit du Christ, dans le Verre de la Sagesse, a présenté à mon œil intérieur, qui pénètre dans les profondeurs de la Pensée de Dieu, et qui ne peut plus être caché. C’est dans ce but que la Sainte Onction est donnée, pour faire tomber son Huile d’Or, qui fera sauter tous les sceaux qui ont si longtemps caché et enfermé ces vérités mystérieuses, pour lesquelles la mission est maintenant donnée de les révéler, afin qu’elles soient proclamées et inscrites sur les piliers et le temple de la Maison de Dieu. Qu’on y croie ou non, il doit être établi qu’elles sont gravées de la main de Dieu.
§. 5. Dans l’ordre établi, le premier des mondes est celui qu’on appelle Corporel Visible, dans lequel nous vivons maintenant, où de bonnes et de mauvaises naissances ont été produites à partir d’Adam, et continueront à l’être jusqu’à ce que les Nombres soient atteints, qui nous paraissent certes comme illimités, mais qui sont néanmoins comptés par Dieu. C’est là le fondement de Sa Sagesse multiple, qui doit se manifester d’une manière merveilleuse à partir de ce premier terrain de la Génération Naturelle. Ces naissances, après un temps limité, doivent passer par la mort du Corps Élémentaire, pour que l’âme puisse accéder aux régions qui lui sont destinées.
§. 6. Quant aux âmes qui meurent non régénérées, qui n’ont pas pris part au CHRIST et qui ont vécu dans l’ignorance et sans Dieu dans ce monde-ci, elles vont dans leur lieu funeste à l’intérieur de la circonférence des Mondes Mauvais. C’est là qu’elles seront éprouvées et testées, jusqu’à ce que la restitution générale de tous les mondes déchus soit effectuée par le Dieu puissant et le Sauveur. Mais nous n’insisterons pas davantage sur ce point, car nous l’avons déjà expliqué plus en détail ailleurs.
§. 7. Maintenant, en commençant par le bas, je vais faire connaître aux vrais chercheurs simplifiés ce qu’est le premier et le plus bas de ces mondes ou éléments. Il s’agit du Sombre Monde Infernal, qui a été désigné par le seul Créateur et Juge suprême comme l’habitat de Lucifer et du reste des anges apostats de cette hiérarchie. On peut aussi l’appeler le Royaume Noir et Sinistre, dont Lucifer est le roi, y régnant avec l’orgueil de sa puissance dans la Colère Ignée. À partir de là, il nous est donné de comprendre que les âmes qui, au cours de cette vie, sont infectées et profondément imprégnées de ce Principe Satanique, étant souillées de tout ce qui est diabolique, et n’étant pas renouvelées et transformées dans une certaine mesure par le principe de l’Amour et de la Lumière, doivent s’attendre à ce que ce Monde Infernal soit leur demeure et leur portion lorsqu’elles mourront hors du corps, avec tous les châtiments que les mauvais anges se plairont à leur infliger. Oh ! si ce lieu et cette compagnie épouvantables pouvaient avertir et terrifier tous ceux qui sont animés de cet Esprit Diabolique ! Car qui supporterait jamais des souffrances aussi intolérables, ne serait-ce que pour un an ou quelques années, si l’on pouvait par quelque moyen les empêcher ? Or, la chose est possible si, dans une sainte crainte, on évite tous les maux qui mènent en ces lieux. N’ayant donc plus rien à dire sur ce sombre royaume, nous devons l’abandonner à la purgation ardente, jusqu’à ce que le venin du péché dans toute propriété mauvaise expire par son moyen, tant en ce qui concerne les anges de la source infernale que les âmes qui ont été trompées et captivées par eux. Car le Fiat créateur lèvera encore une fois le mystère pour faire toutes choses nouvelles. Alors, les choses anciennes de l’enfer, de la mort, du chagrin et de la douleur ne seront plus rappelées. On dit de Dieu qu’il est éternel et immuable dans son amour, mais il n’en est pas de même dans sa colère et son courroux. Car l’amour doit les noyer et les engloutir.
§. 8. Il s’agit maintenant d’étudier les Mondes Élémentaires, avec leur Mobilier particulier ou leurs Habitants qui leur sont attribués séparément. Il faut savoir que chaque Élément a un esprit d’un autre genre que celui qui est connu ou que l’on peut voir chez les mortels. La Région du Feu a un esprit qui lui est propre, qui est de la nature et de la qualité du Feu. De même, l’Eau et l’Air ont chacun un Esprit qui leur est propre et qui doit remplir les merveilles de la création de Dieu, avec leurs nombreuses fonctions connues du Créateur qui ne sont pas encore manifestées aux mortels. Seule cette chose est révélée et mérite d’être connue : ces Esprits élémentaires coopèrent avec la Nature Élémentaire de l’Homme et s’inqualifient en elle, tant pour le Bien que pour le Mal, selon la propension de chaque esprit dans l’un ou l’autre sens. Mais laissons ce mystère jusqu’à ce que l’Élément Unique et Éternel se tienne prêt à dévoiler ces secrets, et je vous ferai connaître l’état de ceux qui sortent de ce corps, que je vais ordonner selon leurs rangs et leurs degrés. J’ai déjà mentionné les premiers, qui quittent leur corps dans l’Esprit Diabolique. La Deuxième Catégorie est celle des ignorants de Dieu et de leur propre être éternel, qui ne regardent que vers une vie terrestre, animale et rationnelle, dans laquelle ils sont engloutis. Cependant, ils voient obscurément quelque chose au-delà, croient en DIEU et au CHRIST historiquement, et sont convaincus par la lumière de la nature qu’ils ont besoin d’un Sauveur, et ils s’emparent donc faussement de Lui. Ceux-ci, lorsqu’ils meurent, ne montent pas plus haut que la Région Aérienne, où ils doivent demeurer jusqu’à ce qu’ils reçoivent le pouvoir et la force de s’élever davantage. Car dans cet Élément ils ne trouvent pas le repos qui leur convient. Parlons maintenant du Troisième Degré des âmes. Celles-ci sont plus connaissantes et croyantes en DIEU et en CHRIST, étant vraiment convaincues de leur dépravation et de leur condition perdue, et de la nécessité de la Rédemption. Cependant, elles n’arrivent pas à se détacher nettement du Principe Mondain, qui s’en tient à la Naissance Extérieure, de sorte qu’elles ne peuvent pas passer par la porte étroite de la Nouvelle Naissance ou Régénération. Et pourtant, ils entretiennent l’espoir d’être sauvés par le Christ, afin de pouvoir entrer sans plus attendre dans le Royaume des Cieux à leur mort. Or, en cela, des millions d’âmes sont trompées. Car celles qui sont de ce rang et de cette sorte n’atteignent qu’un degré un peu plus élevé dans les Régions Élémentaires, où doivent se trouver leur Habitat et leur Demeure, jusqu’à ce que le temps ait épuisé toute la matière grossière des éléments impurs. Elles n’y ressentent pas beaucoup de douleur, d’agonie ou de chagrin, mais également elles n’y éprouvent que peu de plaisir ou de joie, parce qu’elles n’y ont pas accès à la vision de Dieu. Heureusement, la Rédemption agira en eux et travaillera en leur inspirant beaucoup de componction et de réflexion sur le temps perdu et l’occasion manquée d’atteindre un état plus élevé.
§. 9. Mais ici on peut poser une question concernant l’âme ardente qui est éternelle et insufflée par Dieu, et qui persiste à l’état caché dans les personnes non régénérées : Où va cet Esprit divin et pur après la mort ? En réponse à cette question, nous vous donnons à comprendre, conformément à ce que la Magie Divine nous a fait connaître, que l’Esprit suprême retourne à Dieu, qui l’avait Lui-même introduit dans le corps élémentaire, de sorte que Dieu reprend ce qui lui appartient en propre. Car c’est un Esprit élevé qui appartient à l’Âme, et qui, étouffé par le Principe contraire, n’est jamais parvenu à dominer la nature opposée et à régner sur elle. C’est donc à ce sujet que Dieu a dit de l’ancien monde méchant que son Esprit ne devait plus lutter avec l’homme. C’est ainsi que l’Âme qui n’a jamais été renouvelée et n’est jamais née de nouveau peut, avec la Partie Astrale et Élémentaire, connaître la privation et la souffrance pour un temps connu et limité, jusqu’à ce que la Partie Élémentaire soit affinée et transmutée. Lorsque le moment sera venu pour Dieu de mouvoir et d’ouvrir l’Élément Unique, qui transmutera tous les éléments en Lui-même, une nouvelle création de corps célestes purs se manifestera dans toutes les régions. Mais ici je dois arrêter ma plume, car le mystère des vivants et des morts est si caché et si profond que le Saint-Esprit met en lumière un nouvel aperçu que l’âge présent ne peut ni supporter ni comprendre. Il ne le pourra pas non plus tant que l’on n’aura pas rompu avec l’ancienne connaissance traditionnelle et que l’on ne se sera pas sevré des mamelles d’une mère étrangère, afin que les Esprits nouvellement nés puissent puiser une nouvelle onction dans la parole éternelle de Sagesse qui éclaire notre entendement et par laquelle le conseil du Très-Haut nous est révélé, et afin que tous les secrets que nous pouvons désirer de connaître nous soient dévoilés. Ce qui nous amène maintenant aux Quatre Mondes Célestes.
§. 10. Le premier de ces mondes est le Monde Paradisiaque, dont les habitants sont ceux qui ont atteint un degré élevé de Régénération, étant nés de l’Esprit, et qui ont participé au Baptême d’Eau, de Sang et d’Esprit pour leur Rénovation. C’est ainsi que le Principe du Monde Paradisiaque a été ouvert en eux avant qu’ils ne quittent leur corps mortel, ce qui leur permet d’entrer rapidement au Paradis. Là, comme des plantes, ils poussent et grandissent pour être transplantés plus haut par la suite, dans le Royaume de la Montagne de Sion. Car il est très rare que des âmes s’élèvent jusqu’au CHRIST Seigneur dès après leur départ du corps. Toutefois, je ne dis pas que personne ne parvient à un degré assez parfait de ressemblance avec le Christ pour être accueilli par le Monde Angélique après la mort. Une fois admises dans cette haute Glorification, ces âmes pourront continuer à s’élever, de gloire en gloire, jusqu’à ce qu’elles parviennent enfin à la Nouvelle Jérusalem. Au-delà, il ne reste plus qu’à pénétrer dans le lieu de pureté le plus intime, qui porte le nom d’Éternité immobile, car il n’y règne que le repos, la tranquillité et le silence éternels. Sur chacun de ces mondes, le témoin fidèle doit maintenant donner quelques détails, afin que l’on puisse discerner qui sont ceux qui ont été rendus aptes à les habiter.
§. 11. Il faut donc savoir que les âmes qui sont nées de Dieu et qui sont ainsi renouvelées dans toutes leurs parties, l’homme tout entier étant alors transformé en une Nature Déifiée, éprouvent et connaissent à l’avance, au cours de cette vie, les joies et les plaisirs de ces mondes auxquels elles appartiennent, et cela selon le degré auquel elles se seront élevées ici-bas. Celles qui sont désignées pour le Monde Paradisiaque à la fin de leur vie l’auront ouvert à un moment ou à un autre pendant leur existence dans leur corps. Car la Propriété Spirituelle s’inqualifiera dans leur for intérieur, de telle sorte que le véritable Paradis Mystique déploiera sa Gloire Fluide sur le terrain intérieur d’un Esprit renouvelé. Ainsi, ce Principe extérieur et ce Monde mauvais n’empêchent pas ces agréables Sources d’Or de couler dans les âmes saintes et nées au Ciel, pour entourer et arroser chaque plante qui a été renouvelée par l’Esprit du CHRIST. C’est pourquoi la Sainte Trinité se réjouit souvent de se manifester dans le Cœur et l’Esprit paradisiaques de l’Âme aussi bien dans la vie présente comme dans l’au-delà.
§. 12. À partir de là, il m’a été donné de comprendre que, comme pour le Paradis Mystique, la Sion Mystique se tient elle aussi ouverte dans le sol de ce cœur pur, jaillissant et se révélant graduellement en lui. Et concernant ce monde plus que glorieux (le Royaume du Christ dans lequel Il règne avec ses Saints parfaits), il m’est montré comment la même Lumière et le même Principe pur s’ouvrent dans les âmes où la vie paradisiaque ou angélique jaillit spirituellement. Car chaque monde ou principe attire à lui ce qui lui appartient. Et les pouvoirs et les influences de chacun sont ressentis selon les constellations sous lesquelles chacun se trouve. Les êtres vils et méchants sont attirés par la magie du Monde des Ténèbres, mais les âmes nées au ciel sont inspirées et inqualifiées par ces mondes supérieurs (comme certains le savent bien), de sorte que le Paradis et le Monde de la Montagne de Sion se manifestent dans leur propre lumière originelle au centre de l’âme. À partir de là, je donne une description de ces mondes invisibles tels qu’ils ont été ouverts pour la première fois à l’intérieur, d’où jaillissent l’Amour, la Puissance, la Joie et la Paix, ce qui fait du Ciel la demeure actuelle de l’âme avec le Christ et tout le cortège angélique. Bien qu’ils ne nous soient pas visibles, nous en jouissons essentiellement. Mais cela ne peut être connu que par des esprits qui sont profondément introvertis et qui ont dépassé la vie créaturelle. Et lorsque des êtres dignes de ce nom seront fixés dans ce Principe de Lumière, nous pouvons nous attendre à ce que les Puissances Éternelles se meuvent et agissent à travers eux, à qui sera confiée la domination du Royaume du Christ ici-bas. Les nombreuses prophéties de l’Écriture, comme celles d’Isaïe, de l’Apocalypse et de Daniel, indiquent abondamment comment il doit être donné aux saints du Très-Haut de posséder le Royaume, et comment ils le feront. L’Esprit de prophétie renouvelé confirme également que ce jour est très proche et qu’il s’abattra sur le monde avant qu’il n’en soit conscient. En effet, de même que l’homme de la Terre a eu son jour de règne universel, de même le Seigneur des Cieux descendra de telle manière dans ses propres vases préparés ici-bas, dans sa puissance royale et sacerdotale, qu’il renversera et mettra à terre toutes les puissances terrestres. Mais nous en reparlerons dans la prochaine étape, où nous nous élèverons jusqu’à la Troisième Cour ou Principauté de la Majesté de Dieu le Père. C’est-à-dire la Nouvelle Jérusalem.
§. 13. La Cité céleste de Jérusalem est plus glorieuse et plus magnifique que tout ce qui en a été rapporté jusqu’à présent, dépassant de loin les gloires des deux Mondes Inférieurs Bénis. Ses murs et ses fondements, ainsi que ses portails, sont tous si diaphanes et si pleins d’une lumière splendide qu’il est tout à fait impossible de la décrire, même dans une faible mesure, telle qu’elle a été exposée et vue dans l’Esprit, dans la Figure Métaphorique, qui la représente pourtant très en deçà de la Substantialité Spirituelle de cette ville, qui est Dieu lui-même se dilatant et déployant Sa Divinité en de si étonnantes variétés. Il s’agit d’un Principe et d’un Monde auquel nul ne peut avoir accès, si ce n’est le CHRIST dans son Humanité glorifiée, avec les grands Saints qui sont glorifiés de Sa gloire, à laquelle ils participent continuellement avec Lui dans une abondance de gloire inconcevable, montant et descendant selon les nécessités. Il n’y a pas d’autre passage pour entrer dans cette Cité que la Mer de Verre, que personne ne peut fouler et sur laquelle ne peuvent se tenir que les esprits qui sont qualifiés et revêtus de la même matière, qui est une eau cristalline et un feu transparent. Oh ! comme je suis perdue hors de moi-même pendant que s’ouvrent la lumière de ce globe et toutes les merveilles qu’il renferme ! Car, dans l’intervalle, il m’a été dit : Voici ! J’ai préparé toutes les puissances de la gloire, non seulement pour Mon plaisir, mais aussi pour ceux qui aiment et revêtent leur Seigneur CHRIST dans la Déiformité, et qui, en vainqueurs, traversent la Mer de Verre pour entrer par les portes de cette Cité inscrite sur leur front.
§. 14. Il reste maintenant à dévoiler le sens plus mystique de l’Éternité Invisible de cette Cité Mère, la Nouvelle Jérusalem, qui, à partir du Père, en union avec sa Vierge Sagesse, multiplie et remplit tellement ce principe d’esprits vierges parfaitement purs et immaculés qu’aucun des rachetés ne peut jamais aller plus loin. Le Royaume du de la Montagne de Sion est immensément grand et glorieux, mais il est encore inférieur à celui-ci, parce qu’il se trouve dans la médiation du Christ ; en revanche, dans la Nouvelle Jérusalem, tout est achevé et accompli. Ainsi, lorsque la Nouvelle Jérusalem descendra, elle mettra rapidement fin au monde ancien, pécheur et impur. Mais comme je n’ai pu donner qu’une description courte et limitée de ce monde infini, éternel et tout glorieux, je suis amenée à en ouvrir le mystère, dans la mesure où il se rapporte à l’époque actuelle et aux Saints qui doivent constituer cette Cité et y faire briller leur gloire.
§. 15. On peut maintenant se demander si un esprit ou une personne dans ce monde mortel peut être purifié au point de faire partie de cette Haute Cour de l’Éternité, étant donné que nul ne peut y entrer s’il n’a traversé ces deux Principes, à savoir le Paradis et le Royaume de la Montagne de Sion.
Réponse : Il est évident qu’il doit en être ainsi. Une telle accession n’est pas impossible pour les personnes de bonne volonté et obéissantes, en qui les Mondes Célestes descendront et s’ouvriront, y insufflant leurs Pouvoirs Inqualifiants, afin de les rendre aptes à avoir part au monde de Jérusalem quant à sa Substantialité Spirituelle, lequel amènera les âmes dans une Fruition effective et bienheureuse de DIEU. Ce n’est pas seulement une intelligence révélée du Ciel qui en parle, témoignage déjà assez grand en soi pour en confirmer la Vérité, mais il y a une preuve encore plus grande en ce que cette Cité est déjà descendue dans sa pureté et son éclat, quoique voilée aux mortels d’ici-bas. La splendide Divinité peut être obscurcie pendant un certain temps par l’ombre de l’humanité méprisable. Mais le jour de la Vierge Sagesse brillera, par son Étoile lumineuse, à travers l’image sombre de cette Forme Terrestre, afin qu’en ce temps de la Marée du Soir, sa Lumière du Matin se répande sur la Terre.
§. 16. Mais cette question me vient à l’esprit en passant : Qu’est-ce que j’entends par cette Vierge Sagesse, qui est la vraie Mère des Citoyens de cette Jérusalem et la Princesse de ce Royaume ? À l’impartial et pieux chercheur de vérité, je rendrai compte de la justesse des grandes connaissances qui m’ont été librement communiquées, et dont j’ai fait mention dans quelques livres précédents [1]. À présent, avec la révélation qui m’a été faite des Quatre Mondes Célestes, un nouveau flux de lumière a circulé dans mon esprit intérieur, afin que je puisse connaître et comprendre ce qui, jusqu’à présent, était caché dans les profondeurs secrètes de la Vierge Sagesse. Il m’est maintenant ordonné d’amener ces révélations à la lumière et à la manifestation ; je dois obéir à cet ordre de publication et observer toutes les règles et méthodes de la Vierge Sagesse. En premier lieu, nous décrirons son Originalité Éternelle, qui vient de Dieu, la Déité Tri-Une, étant une Vierge cachée en Lui de toute éternité, mais comme sa nativité s’est réalisée au monde dans le temps, je ne parlerai pas en métaphores, mais en termes clairs : Dieu créa d’abord Adam pour qu’il porte sa propre image et figure, laquelle devait représenter Dieu lui-même, le masculin élevé et divin, mâle et femelle ; de sorte qu’Adam, à l’imitation de son Créateur, avait sa Vierge en lui-même, laquelle, au temps voulu, s’est manifestée sous une forme distincte. C’était là un type de la Vierge Mère éternelle, cachée en Dieu, centre et cœur de l’Amour flamboyant, d’où sortit une glorieuse figure féminine, tellement mêlée à la Déité qu’elle devint l’Épouse de Dieu, l’Esprit de Son Esprit. Que tous sachent que de cette Vierge Sagesse éternelle naîtra une nouvelle génération d'Esprits vierges qui constitueront la gloire de la Nouvelle Jérusalem. JÉSUS-CHRIST est le chef et le premier-né de cette génération royale et princière, conçu selon la nature humaine dans le sein de la Vierge Marie, qui n’était qu’un type de la Vierge éternelle qui a enfanté le Fils de Dieu avant tous les temps. Mais le sein de Marie a été sanctifié pour donner naissance dans le temps au CHRIST, qui était le Fils de Dieu avant tous les temps. C’est ainsi que le sein de la Vierge éternelle continue, conformément à la nature, à donner naissance à la progéniture de la Sagesse, sous l’influence du Saint-Esprit et des pouvoirs inqualifiants du monde de la Jérusalem.
§. 17. En second lieu, je dois vous faire connaître la manière la Vierge Sagesse élève et éduque les enfants, lesquels doivent être fortifiés et disciplinés. Comme leur naissance est grande et élevée, puisqu’ils sont héritiers du Royaume éternel du Père, ils doivent posséder toutes les qualités requises à cette fin, dont les plus importantes seront un jour proclamées et portées à notre connaissance par les révélations de l’Esprit de Sagesse. C’est donc seulement ici la première condition ou mise en garde qui nous est donnée, car ces naissances saintes sont cernées par un principe mauvais et impur où réside un grand danger et une grande tentation destinés à empêcher le jaillissement de cette sainteté. C’est pourquoi, dès que se produit une telle naissance, dont la descente franchit tous les Hauts Degrés, l’âme doit renier et mépriser l’image de la naissance terrestre pécheresse, par laquelle l’Esprit né au Ciel sera chaque jour éprouvé. Car, de même que le Christ Seigneur n’a pas été épargné par les tentations, de même tous doivent être éprouvés de la même manière jusqu’à ce que leur victoire soit acquise. C’est pourquoi il nous est demandé d’abandonner notre pays natal de péché et les peuples qui y résident avec la famille de nos parents Adam et Ève, et de revenir à notre premier et ancien degré, en tant que libres habitants de cette Cité dont Dieu est la Lumière, et que la Sagesse, par l’intermédiaire de l’Esprit éternel, dirige et gouverne en toute souveraineté d’Amour. Cela étant posé, j’en viens aux détails de la manière dont les Enfants de la Sagesse doivent être éduqués. Dans l’état de leur enfance et de leur minorité, dès qu’ils sont nés spirituellement, il faut veiller à ce que cette sainte naissance ne tire sa subsistance que de sa propre Vierge Mère, dont le sein doit toujours les rassasier et les nourrir. En effet, le genre, la nature et la qualité de la naissance de l’enfant dépendent de ce qu’il absorbe, car il ingurgite l’Esprit et la Vie de sa Mère. Veillez donc à cela, et ne vous attachez pas à un sein étranger.
Question. On peut ensuite se demander de quel genre de vêtements doit être revêtue cette naissance royale.
Réponse. Bien qu’elle naisse d’un Esprit pur, il ne faut pas qu’elle soit nue, et donc qu’elle n’ait pas de corps pour s’en revêtir, comme le font les enfants princiers de la Sagesse. Vous demanderez peut-être : De quoi s’agit-il ? C’est une robe pure et fine, faite d’une matière diaphane provenant d’un seul élément éternel et sans mélange, qui ne peut pas plus se flétrir que ne le fit le corps paradisiaque du premier Adam, lequel corps, bien que céleste, était sujet à changement, de telle sorte que, ce corps s’étant retiré, Adam devint nu. Car il avait alors perdu son corps vierge où résidait sa force. Désormais, donc, dans la Nouvelle Création, on veille à ce que chaque corps soit convenablement préparé pour la constitution de la Nouvelle Épouse Jérusalem. Mais on objectera ici que personne ne peut s’attendre à être suffisamment spiritualisé dans cette vie, tant qu’il est revêtu du corps des quatre éléments. On répondra que le corps n’est qu’une enveloppe, comme la peau de blaireau était une enveloppe sur la gloire du Tabernacle. Je dois cependant faire une distinction entre ceux qui sont renouvelés et nés dans cet esprit et cette nature virginaux, et ceux qui y sont étrangers et n’en savent rien, bien qu’ils en soient capables. Ils en sont en effet capables, mais, faute de chercher dans leurs propres profondeurs où se trouve la Matière Originelle, ils en viennent à user leurs vêtements et s’en vont nus, dévêtus de ce Corps Spirituel sans lequel, ne pouvant s’élever jusqu’au Trône de la Majesté, ils doivent demeurer dans des centres de bas étage, jusqu’à ce qu’ils puissent revêtir le Corps de Résurrection du Christ. Ce corps est la robe royale que porte l’Épouse Vierge, avec toute sa descendance, au jour de la fête où le mariage est célébré. Les prémices de cette robe sont données en gage aux Enfants de la Sagesse par le CHRIST, au moment de ses fiançailles avec les Purs d’Esprit, qui gardent leur Esprit vierge et sans souillure. Comme un Amant très intime, Il leur rendra de fréquentes visites, leur apportant une nourriture spirituelle de choix, afin que les fiancés puissent prendre part avec Lui au banquet où la coupe de l’Amour se renouvellera et se remplira continuellement sitôt après avoir été vidée. N’est-ce pas l’Amour dévorant de notre Emmanuel qui Le fait aller vers nous à ce point, alors que nous ne sommes encore qu’une minorité et que nous portons l’apparence mesquine d’une ombre mortelle ? Ombre qu’il élèvera et secouera en son temps, pour que l’image vile et grossière que nous portons devienne plus fine que l’or d’Ophir, par le moyen de cet Élément Supérieur qui s’inqualifiera dans nos Esprits et se mêlera avec eux comme la Lumière, de manière à les exhausser dans un éclat brillant, pour les faire monter dans l’unité de la gloire du Seigneur.
§. 18. Après vous avoir donné un aperçu des sept premiers mondes et de leurs habitants, je passe au huitième, l’Éternité immobile, qui est à l’origine des autres mondes et le plus élevé de tous. Il n’est possible à personne de le décrire ou d’en rendre compte, à moins d’y être introduit. C’est seulement à partir de là qu’il est possible de le décrire librement, selon ce qui a été vu dans ce monde par un Esprit qui y a été admis. On peut l’appeler plus justement la plus Haute Cour ou Principauté de la Majesté Tri-Une. Ses fondations reposent sur une profondeur abyssale, d’où une Lumière inaccessible s’engendre et se répand sans limites, comme un vaste Globe d’Éternité. Dieu est ici connu et compris abstractivement à partir de la Nature Éternelle, comme demeurant dans sa propre Divinité Simplifiée avant que les Anges ou les autres créatures ne soient créés. C’est là que la Sainte Trinité a habité, dans une douce tranquillité, jouissant d’Elle-même avant d’engendrer une image ayant ressemblance avec Elle-même. En effet, dans cette Sphère haute et élevée, aucune Figure de Gloire ne pouvait être vue, bien que de grandes Puissances s’y soient mues et qu’une variété de merveilles y soient apparues, suscitant une crainte majestueuse.
§. 19. Question. Mais on peut se demander en quoi consistent les merveilles de ce monde, puisqu’il n’y a rien en lui qui puisse être vu sous la forme d’une figure : ni le Père, ni le Fils, ni le Saint-Esprit ne peuvent être connus sous une telle désignation.
Réponse. Il en est ainsi, en vérité. Néanmoins, il y a une consubsistance de la Sainte Trinité les uns dans les autres. La plénitude de la Divinité habite ici sans corps, avec sa Vierge Sagesse et les sept Esprits. Tous procèdent ici d’une source infinie, et c’est de là que jaillissent toutes les puissances créatrices ; car il s’agit ici du Monde Abyssal, à partir duquel tous les autres mondes ont été créés.
§. 20. Question. On peut encore demander : Quel autre prodige avez-vous vu ici ?
Réponse. Un Élément glorieux et merveilleux a été vu, avec d’innombrables Étincelles de Lumière. De même que l’Air extérieur [ou l’Éther] est rempli d’étoiles, de même cet Élément était parsemé de lumières. L’Esprit qui avait été admis là-haut demanda : « Que peuvent bien être ceux-ci ? » Il lui fut répondu que tous ces Esprits étaient des Esprits Simplifiés qui avaient été destinés pour garnir ce Globe et pour y assister la Déité Tri-Une, dont ils ont été engendrés, ne quittant pas son Œil du regard pour voir à quel moment Elle les enverrait se revêtir d’un corps. Tous sont des Esprits purs et doux, qui perfectionnent tout ce qu’ils pénètrent et partout où ils entrent. Ce sont ces Esprits qui se sublimeront et prendront des corps pour devenir Tout-Divins.
§. 21. Question. Cet Esprit métamorphosé demanda ensuite : D’où sont-ils nés ?
Réponse. Il lui fut répondu : Ils ont été enfantés de Dieu le Père, conjointement avec la Vierge Éternelle, la Sagesse. Sur ce, on m’informa que ces Esprits sont gardés en réserve dans le Haut Globe jusqu’à ce que le jour de la Sagesse éclate sur notre monde visible comme l’Étoile du Matin. Alors ils iront se multiplier et formeront une armée princière pour déployer les merveilles de Dieu par toutes les Nations, afin que ce monde de misère et de mortalité puisse voir un jour plus heureux, par l’opération de cette éternelle et douce Tranquillité. Elle invigorera leurs puissances et s’inqualifiera dans les âmes qui, dès avant tous les mondes, étaient destinées à être animées de cette sorte par le moyen d’une simple Extraction, en conséquence de la production de ces Esprits purs et éternels qui remplissent le Globe de la Majesté du Dieu Tri-Un, Lequel les a engendrés de Lui-même avant la création des Anges et de tout autre être. Car ces Esprits sont les premiers-nés du sein de la Vierge Éternelle, lesquels étaient cachés en Dieu avant toute manifestation figurative. Ils entreront donc dans les âmes saintes, et cela avec des pouvoirs si pénétrants qu’ils donneront une autre tonalité à leur Esprit, le fixant dans un calme éternel et pacifiant toutes les propriétés actives dans la Région de la Nature. Ne se produiront donc pas l’éveil et l’agitation de l’Essence Animique qui font habituellement suite à sa conjonction avec le Corps, car la propriété de ces Esprits est de tout faire et d’agir d’une manière paisible et silencieuse, et c’est en cela que la plus grande puissance et la plus grande force se répandront le plus efficacement. Il m’a été dit, en effet, que de même que ces Esprits de Lumière, nus et sans corps, remplissaient le Globe de la Majesté Incorporelle dans la Trinité, de même il arriverait, dans la pleine durée des temps, lorsque le Premier-né de la Sagesse serait manifesté, que ce Monde (ou Globe) descendrait alors et s’ouvrirait dans le Rejeton Vierge de la Sagesse, par qui seul les actions et les œuvres puissantes seraient rendues manifestes, afin que l’on puisse reconnaître qu’elles ne sont faites qu’en Dieu. Toutes les contrefaçons de ce genre tomberont comme Dagon devant l’Arche, de sorte qu’aucune Magie des ténèbres ne pourra subsister. En effet, en ce jour, tous les visages trompeurs seront démasqués, afin que nous puissions connaître le véritable et juste Esprit agissant. Désormais, dans cette nouvelle Modification (qui est une passivité dans l’Esprit, l’Âme et le Corps, de sorte qu’il n’y a pas d’autre mouvement de vie que celui de la Tri-Unité qui peut engendrer des Esprits purs et simplifiés aussi innombrables que nos pensées), ces Esprits saints, doux et tout à fait tranquilles, peuvent se multiplier dans les âmes qui leur sont préparées à cette fin. Car il m’a été montré en outre que les images mêmes de l’Esprit doivent toutes porter l’estampille de la Déification et une ciselure très profonde gravée par la Très-Haute Majesté. Il vous est donc donné de comprendre que, de même que l’œil extérieur du mortel spécule sur les objets et les choses de notre monde, de concert avec l’oreille extérieure qui les entend et les reçoit, de sorte que les pensées surgissent et se multiplient en fonction des affaires temporelles et des préoccupations de ce genre, de même ces Esprits qui procèdent immédiatement de la Source de tous les Esprits, eux qui voient et contemplent leur Être Originel, ne peuvent faire autrement que de contempler ce que l’Œil de Dieu voit en eux et ce que son Oreille entend en eux, et de s’en délecter. N’ayant d’autre parole organique que celle de la pure Pensée, ils engendrent selon ce qu’ils voient et entendent dans ce Globe de l’Éternité, ce qui les remplit d’exultation. Maintenant, sachez que lorsque, par suite des opérations du Saint-Esprit, le temps sera écoulé pour qu’ils descendent dans des êtres corporels ici ou ailleurs dans les Demeures supérieures, leur Œil deviendra notre Œil, leur Oreille la nôtre. Ainsi, en les voyant et en les entendant, eux à qui sont ouverts tous les royaumes et les mondes invisibles, avec la grande variété de gloires que ceux-ci renferment, nous aurons des pensées d’un type approprié qui surgiront dans notre esprit, en conformité avec les objets présentés, dans la mesure où le courant sera complètement inversé, faisant que ce qui était auparavant descendant et terrestre devienne maintenant ascendant et céleste. Ô temps et jour bénis lorsque cette Éternité Immobile s’ouvrira ainsi et se manifestera dans les corps ! Il m’est donné de savoir qu’il en sera ainsi. Et il m’a été révélé que lorsque ces Esprits descendront dans la Nature, une transfiguration si continuellement impressionnante se fera dans le mental, pour un engendrement incessant de cogitations élevées et saintes, qui ne sont rien de moins que la nature et la qualité mêmes de ces Esprits Simplifiés eux-mêmes. Comme il nous sera permis de regarder toujours dans le monde de la Lumière et de l’Amour, et d’y fixer constamment l’Œil de notre Esprit, la Glorification pourra, à certaines époques et à certains moments d’union plus intime avec ces puissances, descendre, de la manière indiquée plus haut, sur le Corps Élémentaire Visible, sans qu’il soit extrait d’ici-bas. Ainsi, selon l’occasion, la Mortalité pourra être cachée ou engloutie dans l’Immortalité, afin que soit accomplie cette parole : Nous ne mourrons pas tous, mais nous serons transformés, de gloire en gloire, par l’influence lumineuse émanant de ces Esprits et provenant de leur Père à tous.
§. 22. Question. Mais ici on peut se demander : N’est-ce pas le Saint-Esprit qui est affecté à ce grand changement et à cette œuvre de rénovation ? Et où lisons-nous dans l’Écriture qu’un tel Globe ou Monde est habité par de tels Esprits ?
Réponse. Il est vrai que le Saint-Esprit suffit, puisqu’il a été désigné et promis par le Seigneur CHRIST pour parfaire la Régénération ou la Nouvelle Création. Mais alors qu’en sera-t-il si Dieu et sa Sagesse éternelle veulent séparer les purs Esprits de leur propre Source afin que ceux-ci, qui procèdent immédiatement de Lui-même, accomplissent Sa Volonté de donner un nouveau visage de gloire à sa création déchue, si déformée et si avilie ? En fait, ils seront dorénavant les plus qualifiés pour ouvrir les Profondeurs qui se trouvent au-delà de la Nature et de la Créature, étant donné qu’ils sont nés avant l’existence de tout Élément, aux fins de la procréation des habitants des différents Mondes ; leur travail doit donner lieu à cette superstructure et à cet édifice, qui sera DIEU lui-même dans l’ensemble de sa Création. Car si sept mille ans peuvent s’écouler dans les misères et les tentations d’une vie élémentaire dans cette région extérieure et dans d’autres régions invisibles, qu’est-ce que cela représente pour un Dieu qui est un Cercle éternel et sans fin ? Dans ce Cercle d’une Éternité sans bornes, le Dieu infini et tout-puissant a beaucoup plus à faire dans tous les mondes que ce qui a été déclaré dans l’Écriture ou par d’autres moyens connus, car toutes les prophéties et révélations consignées dans l’Écriture ne s’étendent pas plus loin que le Sabbat du Septième Millénaire. Ce qui se produira graduellement entre le présent âge et ce Grand Jubilé, à la fois dans notre monde visible et dans les mondes invisibles que j’ai mentionnés, ne peut être précisé aujourd’hui. Mais, en résumé, il y aura assurément des changements très étranges et merveilleux dans tout le Globe de l’Éternité, lesquels susciteront une admiration plus grande que ce qu’on a pu voir jusqu’à présent. Car DIEU est si plein d’une réserve infinie, qu’il doit se manifester par une variété perpétuelle de merveilles. Que personne donc ne prétende mettre des bornes à la sagesse et à la puissance de l’Être immense, l’enfermer dans telle ou telle mesure, tel ou tel degré, tel ou tel âge, tel ou tel temps, Lui qui agit toujours dans une Liberté Éternelle pour révéler et faire connaître le Conseil de sa Volonté, et qui n’empêche pas les dignes investigateurs et chercheurs de son Esprit de sonder les trésors de Sa Sagesse. Ces trésors sont multiples et se renouvellent encore à chaque génération, comme je l’ai moi-même expérimenté naguère, ainsi qu’en témoignent mes écrits, ce qui prouve que la Révélation n’a pas de fin, mais qu’elle se renouvelle chaque jour dans des vases ou des instruments dûment qualifiés pour la recevoir. Autrement, je n’aurais jamais pu connaître ce qui est écrit ici, ni rendre compte des différents mondes, régions ou centres, s’ils ne m’avaient été montrés. C’est pourquoi, ne sachant pas si le présent témoignage sera le dernier que je laisserai derrière moi de cette nature, j’insiste beaucoup pour déclarer, à ceux qui voudraient connaître la pensée et les secrets de DIEU, qu’un ordre spécial est donné par la Haute Cour de l’Éternité, à savoir que vous ne vous retreigniez pas à une dispensation ou à une révélation antérieure, non, pas même à l’Écriture, bien qu’elle soit d’importance notoire et digne d’être reçue, crue et obéie. Mais il ne faut pas s’y arrêter comme s’il n’y avait désormais plus rien à révéler pour le bien et l’instruction de l’humanité, puisque le même Esprit qui a inspiré les saints hommes de Dieu qui l’ont écrite est maintenant, en ce dernier jour, répandu plus abondamment pour en multiplier les écrits. En effet, tout ce qui est purement dicté par le Saint-Esprit peut être appelé du nom d’Écriture ; il en fut ainsi des écrits des Patriarches et des Prophètes avant l’apparition du Christ dans la chair, auxquels succéda un ministère nouveau, le premier s’étant accompli en Lui. Il a promis que ce ministère surpasserait tous ceux qui l’avaient précédé, afin que l’Onction sacrée soit semée plus abondamment dans la terre sainte des cœurs purs. Le Semeur nous a ensuite quittés, conformément à ce qu’Il avait annoncé ; mais là où il y a des pierres, des épines et de l’incrédulité, il ne peut entrer pour prendre racine, ce qui a causé pendant longtemps une grande pénurie et une grande famine de l’Esprit et de toute sa fécondité. Or, le jour est maintenant venu où l’Esprit se lève, et son soleil éclatant ne se couchera plus, mais se multipliera jusqu’à sa septuple lumière.
§. 23. Oyez et écoutez, habitants de l’Angleterre, car une grande lumière a brillé sur vous. Ne la laissez pas s’assombrir et passer au-dessus de vous, mais soyez sages en ce jour, pour suivre l’étoile lumineuse et directrice de l’Esprit qui se lève parmi vous. Ô Londres, en toi se cachent ceux qui ont reçu une vraie et juste mission de la part du Rocher ruisselant pour distribuer abondamment les eaux de l’Esprit. Car un cri a été lancé pour que des personnes soient préparées et sanctifiées par cette eau de vie, afin qu’elles puissent recevoir le Saint-Esprit et être témoins de sa puissance. Oyez et écoutez dans l’Esprit ! Écoutez et vous entendrez le son de la Septième Trompette, en provenance des Sept Esprits qui sont devant le Trône et qui vous diront que le mystère du Temps s’achève maintenant, que l’Évangile éternel de l’Amour s’ouvre, et que les Cieux sont prêts à se déployer, à ouvrir leur gloire sur la Terre, afin que ses habitants ne soient plus ensevelis dans l’ombre d’une vie terrestre.
§. 24. Sur toi, ô ville de Londres, un Ange puissant vole, avec ce cri de tonnerre qui dit : Ne méprise pas la prophétie, et n’abaisse pas l’Arche du Témoignage Vivant, d’où l’Esprit, comme un torrent qui coule, doit renouveler le Paradis sur la Terre. Cet avertissement s’adresse à tous, quels que soient les rangs et les degrés, qu’ils soient hauts ou bas, qu’ils soient dans la grandeur extérieure ou dans les ressources personnelles et inférieures de ce monde. C’est à vous tous et à chacun que s’adresse cet appel :
Secouez, secouez votre poussière terrestre,
Car c’est maintenant le jour de l’Esprit,
Qui n’admet aucun retard.
§. 25. Car les sceptres et les couronnes doivent être jetés aux pieds de l’Agneau de Dieu. Il est venu régner avec ses saints. C’est pourquoi toutes les nations, toutes les langues et tous les peuples doivent entendre le son de cette trompette, non seulement ici dans cette colonie, mais au-delà des mers, partout. Car un puissant CYRUS a déjà été suscité, que le Très-Haut soutiendra et revêtira de son Esprit, de telle sorte qu’Il pourra faire éclater la gloire et la louange de son Temple ; ainsi, de tous les royaumes, de tous les pays et de toutes les langues, il y aura un rassemblement et, comme des aigles, ils s’envoleront vers cette haute montagne, où l’olivier laissera couler l’huile onctueuse le plus librement possible. C’est cette huile que je vois couler en esprit. Et je vois que certains, dans toutes les nations, en seront bientôt aspergés, pour avertir que le ROI omnipotent entre dans son Règne de mille ans.
§. 26. Ayant ainsi démontré, en réponse à cette grande objection, comment il pourrait y avoir un ou plusieurs mondes plus nombreux que ceux dont l’Écriture a fait mention, qu’il y a une permanence de l’Esprit de révélation qui ne cessera jamais, mais qui augmentera plus que jamais sur la terre, comme cela sera connu et attesté dans le présent âge même, je dois maintenant tirer la conclusion sur ce monde appelé l’Éternité Immobile, au sujet duquel j’ai ceci à déclarer d’après ce que j’ai été admise à connaître lorsque j’y ai été enlevée. On m’a alors montré et enseigné les trois particularités suivantes qui méritent d’être observées. Premièrement, il n’y a pas ici d’entrée pour l’habitation d’un esprit défunt, même s’il est parvenu à un degré de perfection très élevé. En effet, il a été dit que le Christ lui-même, en tant que Premier-né d’entre les morts et glorifié dans notre humanité, n’est pas monté en ce lieu. L’unité de la Divinité est toujours là, mais pas dans Sa Personnalité. Car ce Globe et cette Cour Intérieure sont réservés à un mystère plus grand que ce qui doit encore être connu. Je n’ai été informée que de ceci à ce sujet : À l’extérieur de cette Éternité Immobile, la Déité, dans et par l’Œil Éternel dilatant, a établi Ses propres propriétés d’action pour se manifester dans la Nature, et a ainsi engendré à partir de cette Éternité. Les Puissances créatrices sortirent de la Trinité pour engendrer en premier lieu le Monde Angélique, le dotant d’Esprits Angéliques, et ainsi de suite jusqu’aux autres mondes susmentionnés. La deuxième chose que nous devons noter est que ce Principe fermé et la plus haute Cour du Dieu Tri-Un et de Sa Vierge Sagesse, avec sa progéniture d’Esprits Simplifiés, ne doivent pas être ouverts jusqu’à ce que ce soit la volonté et le plaisir de Dieu, le Père Créateur, de se mouvoir Lui-même à travers ces Esprits doux et purs pour une Nouvelle Manifestation et un Amendement de ce qui est trouvé défectueux dans les mondes créés ; afin que, par une puissance créatrice renouvelée, sortant ainsi de l’Éternité Immobile, un autre visage, d’une beauté plus excellente et d’une gloire plus transcendante, puisse se répandre sur ce qui a été sous l’effet d’une déchéance et d’une apostasie, en vue d’une fixation éternelle. Mais tout ce qui peut être dit ou même imaginé est bien limité et bien court en comparaison de ces évènements plus étonnants et plus stupéfiants qui ajoutent encore à la gloire de l’Œuvre de Dieu dans sa Nouvelle Création. Quant à la troisième particularité dont nous devons tenir compte, à savoir l’Ordre, l’Union et l’Égalité de degré de ces Esprits dans ce Globe de l’Éternité, nous ne pouvons qu’y faire allusion. Cette Unité et cette Égalité se manifestent par les opérations de ces Esprits. C’est dans leur travail effectif qu’ils sont les plus actifs. Mais tous leurs actes et toutes leurs puissances sont empreints d’un calme très profond, la Divinité coopérant par leur intermédiaire, par lequel une Paix influente passe d’eux aux habitants des autres mondes. Cependant, ces Esprits restent toujours immobiles dans leur propre principe et centre, et se meuvent selon que la Divinité regarde en eux avec son Œil directeur qui leur donne leur mandat de voir, mandat qu’ils ne manquent jamais d’exécuter dans une obéissance délicieuse ; ils ne peuvent pas faire autrement, étant inaltérablement fixés dans la puissance de mouvement du Saint-Esprit.
Conclusion
AYANT maintenant donné une description fidèle et vraie de ces Huit Mondes, non pas à partir de sources historiques, mais à partir du Mystère révélé, dans la mesure de ce qui m’a été communiqué par l’Esprit du Christ, il reste à considérer quel usage et quelle application peuvent être faits par les lecteurs de ces choses profondes et importantes qui ont été ici dévoilées. En premier lieu, nous sommes appelés à considérer avec la plus profonde humilité la Cause efficiente et le Fondateur de ces Mondes, qui les a tous produits à partir d’un Abîme insondable et d’un Néant éternel. Deuxièmement, nous sommes appelés à nous approprier ce qui est plus immense que l’immensité, plus grand que toutes les grandeurs, plus haut que toutes les hauteurs, plus profond que toutes les profondeurs, plus parfait que toutes les perfections ; qui fait sa demeure dans un Cercle Éternel d’Amour, de Puissance et de Sagesse, remplissant tous ces mondes de la plénitude de Sa Divinité, manifestée dans l’Image exacte de Sa Gloire, à savoir dans le Second des Trois dont les Cieux portent la marque. Troisièmement, nous sommes encouragés à considérer ce que nous sommes, nous les mortels, d’où nous venons, et de quel type d’Esprit nous sommes constitués et par lequel nous existons. En effet, tant que nous ne comprenons pas notre propre être éternel, nous ne pouvons pas connaître Dieu, l’Être de tout être. En effet, comme nous sommes une Âme insufflée de Dieu, nous vivons dans Son Essence. C’est le Verre à travers lequel nous pouvons voir et connaître la Divinité invisible, et par là même nous connaître nous-mêmes, en tant que nous sommes constitués des Principes et des Mondes d’en haut, comme nous le sommes de ceux d’en bas. Car tous sont inqualifiés par l’Immortel, et aussi par la partie élémentaire en nous, pour les fins les plus sages et les plus merveilleuses. Ô combien est grande la grandeur mystérieuse de l’Âme, bien qu’elle soit voilée, couverte et inconnue d’elle-même ? Le corps de la sensibilité extérieure l’empêche de comprendre la propre puissance de l’Âme, en tant qu’essence dérivée de Dieu et souffle sortant de la Très-Haute Majesté. La vie terrestre la retient chez tous les hommes, jusqu’à ce que le Christ en Esprit entre en jeu pour la rendre libre dans sa propre liberté, en vivifiant l’essence morte de ces Principes de Lumière, d’Amour et de Puissance. L’Âme est ainsi rétablie dans sa Nativité préexistante et véritable en Dieu, qui est susceptible d’être oubliée si elle n’est pas continuellement ravivée dans l’Esprit ; ce dernier, une fois en exercice, lui imposera un frein et une crainte, par la considération de ce qu’il est et de Celui à qui il doit retourner comme à son Centre éternel.
Étant arrivée à la conclusion de ce sujet, je dois maintenant faire ce qui m’a été demandé par la Haute et Céleste Cour, à savoir de transmettre un mot d’avertissement et d’exhortation à tous ceux qui aspirent à une Rédemption complète et qui seraient heureux d’être libérés de toutes les craintes, de tous les doutes et de toutes les inquiétudes à ce propos. Le voici : veillez à ce que les arguties et les esclandres qui peuvent surgir dans votre esprit ne viennent pas troubler en vous l’inspiration pure de l’Esprit Saint ; ne l’attristez pas, ni en vous ni en personne, en n’oubliant jamais que vous l’avez pour Conseiller et Consolateur, et comme Clé capable de vous ouvrir les Mondes célestes et de vous y remettre un héritage qui vous procurera une joie, une paix et une gloire parfaites, comme certains en témoignent vraiment et en font l’expérience. C’est pourquoi, à tous ceux à qui le présent message parviendra, que ce soit dans notre pays ou dans des lieux plus éloignés où il plaira à Dieu de le publier, il donne le conseil et l’exhortation d’étudier sérieusement et de méditer sobrement ce qui a été ici dévoilé et déclaré par la Sagesse de Dieu. Car il s’agit d’un Sceau brisé qui appartient à l’Âge présent, où la connaissance doit s’accroître, afin de préparer le Grand Jour qui a été prophétisé au sujet de la domination royale de la Fille de Sion.
Sortez ! Ne vous cachez plus, Pierres précieuses de Sion, où que vous soyez dispersées, proches ou lointaines, chez vous ou au-delà des mers, où que vous soyez cachées, sortez. Pour vous, les Cloches d’Or des quatre Mondes Éternels sonnent l’alarme, pour vous attirer en leur sein, où, comme pour votre peuple et votre pays natal, vous pourrez venir à la fête des Tabernacles, vous asseoir ensemble dans la joie, et célébrer à jamais ces noces dans l’unité de l’Amour. C’est là que l’auteure de ce traité vous rencontrera dans l’Esprit, et ne cessera de vous féliciter à titre de concitoyens, et de manger avec vous le Festin de l’Amour.
Une Nouvelle
MANIFESTATION
Concernant les
Quatre MONDES CÉLESTES
SELON
Le Processus Expérimental
par lequel certains
sont passés.
I. Du PARADIS.
§. 1. C’EST au Paradis que mon Esprit prend d’abord son envol, là où règne l’ordre et le même état de fluidité qu’avant qu’Adam ne perde sa Compagne Vierge. Le Paradis est à nouveau peuplé de ceux qui ont traversé la mer flottante du péché et de la mortalité, afin de revêtir l’image de pureté donnée par JÉSUS aux enfants de la Résurrection. Car il n’y a pas la moindre ruse ni la moindre faute chez aucun des habitants de ce lieu. Mon Esprit voit ici tout en merveilleuse harmonie, et cette parole fut entendue du Très-Haut, qui disait : J’habiterai avec les ressuscités, même si, pour un certain temps, ce Principe du Paradis leur est attribué comme une demeure séparée, jusqu’à ce que tous soient rassemblés dans le Royaume supérieur de la montagne de Sion et de la Nouvelle Jérusalem. C’est ainsi que j’ai entendu la bonne nouvelle : tout est riche et florissant dans le Royaume paradisiaque. Il n’y a pas eu de déclin depuis le jour d’Adam, mais une augmentation et un accroissement quotidiens, grâce à la résurrection de l’homme spirituel.
§. 2. Après cela, l’Esprit de Sagesse me dit : Ces choses dont il t’a été rendu compte peuvent être dites du Lieu de Demeure du Paradis. Les Esprits séparés par la mort naturelle y entrent après s’être dépouillés de leur corps terrestre mortel, et y revêtent leur corps vierge, qui les prépare à la rencontre de l’Époux, Lequel, de là, va les chercher pour les faire monter jusqu’à la Montagne de Sion. Ce sont ceux qui, en ce temps même, ont combattu le bon combat de la foi et ont presque vaincu ce monde. Ce qui manque pour les rendre pleinement parfaits doit être accompli dans ce lieu paradisiaque, où ils sont désignés pour rester jusqu’à ce que toute leur parure nuptiale soit achevée et qu’ils découvrent qu’ils peuvent parcourir le chemin de l’Arbre de Vie, au-delà du Chérubin flamboyant, qui agit encore comme Gardien sur cet Arbre figuratif. En ce lieu, de saints Anges attendent aussi, par leur parcours, pour servir ceux qui viennent ici en tant qu’héritiers désignés de l’état plus glorieux qui se révèle en Sion. C’est là une partie des biens qui appartiennent à votre Père éternel. Maintenant, je vais desceller devant vos yeux un autre mystère, qui est celui de ce que nous pouvons faire dans cette vie-là. Car il existe un Paradis mystique, ainsi que Régional, qui jaillit métaphoriquement d’un Centre Magique pur. Il correspondra à votre paix et à votre joie actuelles. Attendez, vous dis-je, pour sentir cela, que votre Esprit puisse vous donner le sceau attestant que vous avez reçu l’onction et que vous marchez avec votre Homme Spirituel dans ce Paradis, où vous entendrez souvent l’écho de la voix de votre Époux, qui vous appellera encore à vous hâter de revêtir tout ce qui vous rendra doux et aimable à Ses yeux, et d’obtenir les effluves odorants qui vous parfumeront, afin que tous vos vêtements s’imprègnent de l’odeur des lits d’épices sur lesquels vous pourrez vous étendre. C’est là que vous demeurerez quelque temps, à la manière d’un Esprit dans un Corps spirituel, jusqu’à ce que vous ayez vaincu tout ce Globe visible, et que vous ayez surpassé de beaucoup toutes les créatures qui s’y trouvent, puisque vous aurez l’Arbre de Vie pour y vivre. C’est lui qui vous aérera et vous donnera un Corps des plus transparents, car ceux qui s’en nourrissent chaque jour seront en quelque sorte transmutés par lui. Voici que la porte du Paradis vous est ouverte. Et quelles que soient les choses de Dieu qui s’y trouvent, vous avez le droit non seulement de les connaître, mais d’en jouir comme si elles vous appartenaient. Nous vous alertons toutefois sur la nécessité de prêter attention aux Lois du Paradis, qui vous ont été données à cette fin. Observez-les, et votre JÉSUS s’entretiendra fréquemment avec vous et se montrera à vous, par suite des fiançailles d’amour qui auront été renouvelées avec vous dans ce Paradis. C’est ce que l’Esprit de Vérité m’a communiqué et recommandé il y a de nombreuses années.
§. 3. Comme je veillais sur le cas d’une amie décédée (le 17 octobre de cette année 1695), je constatai au bout de quelque temps qu’elle avait traversé les Régions élémentaires. Le Paradis s’étant alors ouvert, je la cherchai et, au bout de deux heures environ, je la trouvai au Troisième Degré de ce Monde Céleste. Elle m’apparut avec un visage des plus vivants et des plus angéliques. Dès que je la rencontrai, je la félicitai et lui dit : « Il y a longtemps que je te cherche. » Ce à quoi elle répondit : « Tu as bien fait, car j’ai été tellement prise par les divers plaisirs de ce lieu, que j’en ai oublié tous mes amis mortels. » Puis elle ajouta après une courte pause : « Ô mon amie, la mort, que je craignais et qui m’a tenue en esclavage toute ma vie, a été la meilleure alliée de ma libération ; et son aiguillon que je redoutais est devenu rien de moins qu’un baume vivant, grâce auquel je peux maintenant dire en triomphe : “La mortalité est engloutie dans la joie et la gloire.” Je lui répondis : « Ne t’ai-je pas souvent dit cela, et que je sacrifierais même mon âme pour la sécurité de la tienne ? » Ce à quoi elle répondit en souriant : « Maintenant, je vois qu’il en est ainsi. » Et, semblant ne pas vouloir continuer à discuter avec moi, comme si notre conversation l’empêchait de jouir d’un plus grand plaisir, elle me quitta.
§. 4. Sur ce, ma pensée fut incitée à une certaine méditation. J’en conclus que les personnes qui ont vécu ici-bas avec beaucoup de circonspection et de vigilance, en toute piété (comme l’avait fait cette personne), bien qu’elles soient, de leur vivant, dépourvues de l’assurance sensible et du sentiment réconfortant d’obtenir la faveur de Dieu (comme si elles ne vivaient pas, mais étaient éloignées de leur Corps élémentaire), obtiennent par la suite un passage rapide à travers les Éléments, lesquels ne peuvent adhérer à elles ou les retenir longtemps, de sorte que leur Corps élémentaire est rapidement englouti et changé en Corps paradisiaque. C’est là une bonne raison d’inciter tous les hommes à vivre au-dessus de la vie terrestre, afin que rien ne s’attache à eux lorsqu’ils quitteront ce monde.
II. LA MONTAGNE DE SION
§. 1. Une fois là, l’Homme spirituel doit effectuer un autre déplacement, pour voir ce qui se trouve pour lui au-delà de cette Région ou Principe, parmi les choses précieuses qui s’écoulent de ce riche Océan intermédiaire entre le Paradis, la Montagne de Sion et la Nouvelle Jérusalem. C’est de cette Mer de Verre que parle le bien-aimé Jean, sur laquelle on voit les vainqueurs entonner leurs chants de triomphe ; elle englobe la Ville où se trouvent la Résidence du Grand Roi, le Trône de l’Agneau et les sept Puissances de Scellement (ou Esprits-Fontaines de Dieu) qui sortent du Très-Saint. Or, cette Mer brûlante est une Mer de probation, où ne peuvent passer que ceux qui ont remporté une victoire totale, parfaite et complète sur la Bête et sur son image, de sorte qu’ils ne portent plus rien de cette marque. Ceux-là, et eux seuls, peuvent avoir leur place ici, parce qu’ils portent la signature de cette Sphère vitreuse et flamboyante qui rendra les Corps clairs et brillants comme un cristal terrible.
§. 2. Ce royaume de la Montagne de Sion, où se trouve une innombrable troupe d’Anges, avec l’Église des Premiers-Nés, et qui contient tous les originaux et les modèles vivants de ce qui nous a été rapporté par Moïse, qui les a vus, doit s’ouvrir et s’établir avant que le Royaume de la Nouvelle Jérusalem ne puisse descendre, soit invisiblement, soit visiblement. Il est nécessaire que le Royaume médiateur et sacerdotal le précède et lui fasse place.
§. 3. Cependant, il existe une correspondance si étroite et si intime entre ces deux Royaumes qu’ils peuvent en quelque sorte porter le nom d’un seul et même Royaume. En effet, la Majesté Suprême descend souvent ici, et toute la Grande Assemblée qui s’y trouve, à certaines époques, monte dans la Nouvelle Jérusalem ; de sorte que, vu la stricte union qui existe entre eux, il ne faut pas s’étonner si l’on applique parfois le nom de l’un à celui de l’autre.
III. LA NOUVELLE JÉRUSALEM
§. 1. Il fut en outre déclaré, à un Esprit recueilli ici, qu’au moment de l’accomplissement de la gloire de la Nouvelle Jérusalem ici-bas, des Gardiens spirituellement très-élevés de ses Portes éternelles seraient désignés pour en filtrer l’entrée selon les lois de ce Royaume, et que chacun des Anges de ces Portes sonnerait de la trompette. Car le Saint Souffle qui sortira de cette Ville les fera proclamer et faire retentir dans toutes les parties de la Terre la gloire et le nom puissant de JÉHOVAH SHAMMAH, lequel désigne une Ville dont le nom sera inscrit sur tous ceux qui y seront admis. C’est pourquoi levez-vous, levez-vous, Vierges, et approchez-vous, ayant ce nom inscrit sur vous par le doigt de votre Dieu, et ayant vos Douze Fondations rendues claires et sûres en vous, selon le nombre des Pierres précieuses de l’Oracle Saint, étant tout ce qui doit constituer l’honneur de la gloire de votre Jérusalem. Approchez-vous, Vierges Filles de Sion qui vous cachez, et apportez votre gloire à cette Ville :
Où toutes les portes s’ouvriront pour vous permettre de vous y envoler,
Dès que vous pourrez vous en approcher.
§. 2. Le Nom apostolique de l’Agneau est ici écrit sur chaque porte pour que les Esprits apostoliques survivants puissent y entrer. Nul ne peut entrer par ces Portes que ces Esprits Vierges, qui se sont déjà tenus sur la Montagne de Sion et ont traversé la Mer de Verre, étant les Pierres de jaspe vivantes qui sont toutes couvertes des couleurs flamboyantes de l’Arc-en-ciel de l’Alliance. Tels vous devez donc être, ô aspirants de la Jérusalem et enfants de la Sagesse ! Et, en vertu de sa Pierre en vous, vous devez y venir pour en être touchés et changés, afin que vous puissiez être unis à toutes ces Pierres flamboyantes. Prenez courage, car cette Pierre de Rubis est comme un Chérubin à l’œuvre dans les Sphères célestes de certains qui y sont connus par leur nom, afin d’opérer cette grande et puissante transmutation. Il m’a donc été demandé de vous conseiller de céder à ce Charbon vivant en vous, afin qu’il brûle toutes les scories et l’Étain, de sorte que rien d’autre que la Matière Dorée destinée à la coagulation avec la Déité ne subsiste sur cette chose toute-puissante et très sublime qui est cachée dans votre Fourneau intérieur. Attendez-vous encore qu’on l’alimente pour que votre Feu ne s’éteigne jamais ? Prenez-vous encore de l’Huile d’Or, qui vous fera parvenir à cette hauteur, à une parfaite pureté de Jaspe, qui transformera tout ce qu’elle touche en sa propre Source, Lumière et Puissance ? C’est la Pierre blanche à laquelle l’Épouse de la Nouvelle Jérusalem sera unie, et qui sera fixée à sa Couronne. C’est pourquoi, mes bien-aimés, n’aspirez à rien de moins. Et ne dites pas dans vos cœurs : Comment cela peut-il être ? Remettez cela à la toute-puissance de votre Dieu, qui, par la Pierre de la Sagesse, fera des choses hautes, puissantes et merveilleuses par l’intermédiaire de ceux chez qui elle sera trouvée. Ceux-là seuls auront l’honneur de faire descendre la Jérusalem pour être vus à l’intérieur de cet Orbe. Ceux en qui la Pierre de Sagesse a été semée et a grandi sont ceux qui regardent et attendent de voir ce Temps merveilleux. Les autres, qui n’en croient rien, se tiendront en dehors de cette Ville, parmi les adorateurs de la Bête ; aucun d’entre eux ne pourra trafiquer ou faire du commerce parmi les précieuses Pierres de Fondation, lesquelles sont ceux que l’Agneau a achetés pour que sa Tribu conquérante le suive, avec des Palmes de Victoire sur toutes les peurs et tous les doutes découlant de l’Incrédulité, qui en a empêché un grand nombre de monter jusqu’ici.
§. 3. Maintenant, à vous à qui il est donné de regarder à travers les Fenêtres d’agate de cette Ville fortifiée, sachez que cela ne vous est accordé que dans le but de capter votre regard et d’y attirer tout votre Corps spirituel. Ce n’est pas pour vous aguicher, ni pour vous permettre de voir l’Arbre de la Vertu sans pouvoir le toucher ni le goûter, mais pour que vous y viviez à jamais. Lorsque, en tant qu’habitants fixes, vous n’en sortirez plus, cet Arbre sera une nourriture virtuelle d’une Force, d’une Puissance et d’un Esprit très élevés. Je ne vous laisserai donc que ce mot : attendre dans la patience du pur Amour, jusqu’à ce dernier Déplacement, que la Pierre intérieure vous complète par le moyen de son Pouvoir omnitinctorial.
L’ÉTERNITÉ IMMOBILE
13 septembre 1695.
§. 1. Alors que je considérais l’Œuvre élevée et grave à laquelle nous sommes appelés, mon Esprit fut immédiatement transporté dans une Région élevée, calme et immobile, où je ne vis ni figures ni images ; mais il y avait une Lumière merveilleuse qui coulait en moi comme un fleuve. Il m’apparut alors qu’il s’agissait de la Lumière créatrice dont tous les Êtres étaient issus et que ce que l’on attendait maintenant comme une Nouvelle Création devait sortir du calme de cette Lumière, à laquelle l’Essence de l’Âme devait se mêler, et que de cette union devait naître la variété des Merveilles à paraître dans le Monde.
§. 2. Il me fut dit en outre que j’avais été longtemps poussée à atteindre le Centre le plus éloigné de tous les Centres, mais que la ligne de plongée de mon Esprit était trop courte pour sonder ce gouffre profond qui m’avait été montré il y a quelques années dans une Figure apparue en Vision. L’Esprit m’ayant conduite à me le rappeler, mon Œil intérieur aperçut un Abîme profond qui s’ouvrit et se déploya avec un tel mélange de couleurs variées, de pierres précieuses si terriblement étincelantes et glorieuses, que nul autre qu’un Esprit simple et intérieurement abandonné ne pouvait le contempler, et encore moins y pénétrer et s’y mêler, comme j’y fus appelée à le faire.
§. 3. Cette seconde fois, cet appel me fut renouvelé par une Ouverture interne, grâce à laquelle il me fut donné de comprendre que ce Fossé de la Divinité était maintenant rompu, pour que puisse affluer cette haute Matière mixte devant déifier et teinter l’Essence de l’Âme qui avait été sous l’emprise de la dépravation. L’Esprit me dit alors qu’il s’agissait du véritable et juste Baptême, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, par lequel l’Âme devait retourner à son origine première. Elle se reconnaîtrait alors le pouvoir d’agir en DIEU, en tant que son Cœur et son Épouse vierges, en harmonie avec une si haute Unité. C’est ici le Sommet de toutes les Profondeurs qui peuvent être explorées. Étudiez cela, et le Monde Abyssal Éternel, du haut de sa tranquillité, viendra s’inqualifier et opérer en vous, afin de réaliser la Transmutation souhaitée. Vous serez alors admis dans tous les trésors de la Sagesse, et les murs de votre demeure seront des Pierres de Feu, dans lesquelles vous vous cacherez comme dans le secret de Dieu, jusqu’à ce que vous puissiez proclamer un nouveau Jour de PENTECÔTE.
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RÉPONSE
À UNE
QUESTION
POSÉE
par un noble et digne homme sur sa propre expérience
pour demander une SOLUTION.
Pour répondre à la question pourquoi les Âmes défuntes qui résident dans les Régions Moyennes incitent-elles souvent leurs parents et amis à venir se joindre à elles ? vous devez savoir que la cause en est l’union très intime qui les liait de leur vivant. Ainsi, n’ayant pas élevé leurs amours plus haut que le Monde Élémentaire, les défunts peuvent exercer une grande influence sur ces personnes pour les pousser à quitter leur corps. Il nous a été donné de connaître quelques cas de ce genre. Que ceci soit donc une bonne mise en garde pour tous les proches et les parents, afin qu’ils portent leur amour mutuel au-delà de ce qui n’est que créaturel. Sachez toutefois qu’aucun Esprit défunt ne peut avoir de pouvoir sur les vivants à moins qu’ils ne soient de basse naissance, soumis aux lois et aux rudiments de ce monde et aux constellations du monde stellaire. Quant à ceux qui sont élevés par la Naissance Surnaturelle, ils ne risquent pas d’être atteints par les esprits défunts, car ils sont au-dessus de leur influence, étant donné qu’ils font de DIEU leur unique Centre.
Il m’a également été montré qu’il y a une grande congruence d’élévation entre les Saints qui sont passés dans le Principe de la Montagne de Sion et de Jérusalem et ceux qui sont ici-bas et qui ont connu la Haute Naissance leur permettant d’atteindre le Principe qui leur est destiné. Or, les Saints de la Montagne de Sion et de Jérusalem agissent d’une manière tout à fait différente de celle des âmes des régions moyennes : ils ne cherchent pas tant à tirer leurs proches hors du corps qu’à les aider à manifester leurs dons et leurs pouvoirs dans et par ceux avec lesquels ils se trouvent en union d’amour. Ces Esprits parfaits de l’Ordre Séparé connaissent et remarquent ceux qui sont les plus aptes à s’immerger avec eux, bien qu’ils soient dans des Corps Élémentaires. Ils communiquent et répandent la lumière des nouvelles révélations dans le Principe inférieur, afin que ses habitants soient éclairés et transformés. Car ces bienheureux d’en haut attendent avec beaucoup d’impatience que leur royaume s’ouvre et s’étende parmi les mortels, jusqu’à ce que l’immortalité les engloutisse dans leur propre lumière et leur vie éternelle.
J’ai pensé qu’il était important d’ajouter ceci au sujet précédent, en tant qu’ouverture renouvelée en moi depuis le Centre de la Sagesse, étant maintenant chargée de ne rien retenir qui puisse servir à l’information ou à la satisfaction des Enfants doux et humbles de la Sagesse, qui sont des chercheurs infatigables, désireux d’apprendre et de comprendre ce qui doit être proclamé à la Terre entière en ce Jour de son Lever.
F I N
[1] La Révélation des Révélations, p. 39 à 56. Les Voies Énochiennes, p. 26. Les Lois du Paradis, dans la préface et p. 11 et 47.