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Susan Brinkmann
Kinsey
Éditions de L’Homme Nouveau
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Mentionné dans tous les ouvrages traitant de sexologie, mais inconnu de tous ceux qui le citent... N’est-ce pas là, déjà, un singulier paradoxe ? Mais Alfred Kinsley (1894-1956) n’était-il pas, lui-même, un être bizarrement paradoxal ? Entomologiste devenu subitement " sexologue ". Marié mais inverti. Père de famille et pédomane. Universitaire " respecté " mais fraudeur scientifique. Chantre de la tolérance quoique machiste, raciste, antisémite et haineusement antichrétien... Diable d’homme, en vérité, qui, en banalisant toutes les turpitudes sexuelles pour justifier les siennes, a imposé à nos sociétés une nouvelle norme de la sexualité humaine, et dégradé l’icône divine de l’union de l’homme et de la femme en idole. Cette étude inédite sur le " père de la révolution sexuelle ", la première et la seule disponible en langue française, démontre que Kinsey n’était qu’un imposteur et le pire corrupteur que le siècle écoulé ait compté. Daniel Hamiche
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Traduction de l’américain, par Daniel Hamiche et Claude Mahy, de l’ouvrage de Susan Brinkmann, The Kinsey Corruption. An Exposé on the Most Influential "Scientist" of Our Time (Ascension Press, Catholic Outreach, The Catholic Standard & Times, 2004), écrit à partir du livre Kinsey : Crimes and Consequences du Dr Judith Reisman. © Maximus Media Solution LLC (DBA), Catholic Outreach, 2005, pour l’édition américaine © E Homme Nouveau, 2005, pour la traduction et l’édition française ISBN 2-915988-00-5 – www.hommenouveau.fr Tous droits réservés.
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Avertissement de l’éditeur Ce livre traitant de thèmes extrêmement
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En France aussi...
Elle se prénomme Élodie. Âgée d’environ 13 ans, elle est élève d’un collège public de Sarreguemines (Moselle). L’éducation sexuelle y étant laïque et obligatoire, cette jeune adolescente doit suivre un " itinéraire de découverte (IDD) " dont le thème, en ce début d’année 2005, est " découvrir et vivre son corps au XVIIIe siècle et au XXIe siècle ". On lui demande de rédiger une lettre sur la transformation du corps lors de l’adolescence et sur l’émoi sexuel. Elle s’y refuse. Quelques semaines plus tard, nouveau devoir imposé : il s’agit de rédiger une lettre d’amour en s’inspirant d’un tableau de Vermeer. Élodie rend une copie blanche accompagnée d’une lettre de son père exprimant le mécontentement que lui inspire ce type de devoirs. Résultat : une heure de colle " pour Élodie. Les deux enseignantes, " animatrices " de cet IDD, vont encore plus loin : elles rédigent un questionnaire destiné, je le répète, à de jeunes collégiennes de 13 ans. Type de questions : " As-tu déjà eu une relation sexuelle ? ", " Est-ce que le sexe te préoccupe ? ", " Es-tu déjà allée chez le gynécologue ? "... La nature scandaleusement " intrusive " d’un tel questionnaire, le côté évidemment provocateur des sujets de devoirs imposés aux collégiennes, exaspèrent un bon nombre de parents qui, par tracts distribués devant l’établissement, expriment leur indignation : " La découverte de l’amour est une chose trop sérieuse pour qu’elle soit l’objet d’un traitement obsessionnel d’une quelconque autorité ", écrivent-ils. Le principal soutient ses enseignantes : " Elles se sont contentées d’appliquer les programmes. " Évidemment... La Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), par la voix de son secrétaire général régional, Jean-Louis Ardner, ose dénoncer le " conservatisme de certains parents alors même que des adolescentes sont enceintes dès l’âge de 14 ans dans la région "..., sans même songer à s’interroger sur les causes du nombre croissant de grossesses chez des jeunes filles tout juste pubères. Serait-ce donc l’air qu’elles respirent ou la nourriture qu’elles consomment ? Voyons, voyons... Les causes tiennent tout entier au climat de dévergondage sexuel généralisé, imposé par les mass médias, banalisé par ces cours " d’éducation " sexuelle constituant, pour des mineurs, une véritable " école " de la licence. Encore une " anecdote " tirée de l’actualité la plus récente et quelques statistiques dramatiques. Du 1er au 3 avril, l’association Sidaction s’est invitée dans plus de cinquante émissions réparties sur neuf chaînes de télévision et cinq stations de radio à diffusion nationale. Sur France 3, " Mon Kanar ", une sorte de " journal télévisé " destiné au 8-14 ans, aborde la question délicate de la transmission du virus avec trois enfants sur le plateau, émission illustrée par un reportage " pédagogique " sur la transmission du sida. Tremblez parents ! car il n’y sera pas uniquement question de transfusion sanguine... Ainsi, dès 8 ans, les jeunes spectateurs ne devraient plus rien ignorer de la sodomie. Denise Stagnara, qui a écrit plusieurs ouvrages sur l’éducation sexuelle, vient de faire paraître une étude, menée en 2004, sur l’enfance et les films pornographiques. Sur une classe de sixième, des enfants de 11 ans, 60 % des garçons et 30 % des filles, avouaient avoir déjà visionné un film porno. Dans une précédente étude, de 1995, réalisée par le même spécialiste, dans un CM2 (8/9 ans), en province, 50 % des garçons et 25 % des filles reconnaissaient en avoir déjà regardé. Questionnaires " intrusifs ", banalisation, auprès des plus jeunes, de toutes sortes de pratiques sexuelles sous couvert " d’hygiène " et de " protection de la santé ", diffusion, sur une large échelle, d’images libidineuses et de matériel pornographique, etc. Tout cela a une origine et un initiateur : Alfred Kinsey ! Né en 1894 et mort en 1956, on pourrait penser que Kinsey est un homme d’un autre siècle dont on aurait oublié jusqu’au nom et la raison pour laquelle il fut célèbre. Détrompez-vous ! On vient de me transmettre la copie d’un mémoire d’une étudiante de l’Institut Universitaire de Formation des Maîtres (IUFM) de l’Académie de Montpellier, rédigé en 2002, et ayant pour titre " L’Éducation sexuelle en classe de quatrième ", mémoire composé à la suite d’une enquête dans une classe de quatrième d’un collège public de Montpellier. Notez bien qu’il ne s’agit pas d’" instruction " sexuelle, c’est-à-dire de la transmission de connaissances scientifiques sur les organes sexuels humains et leur fonctionnement, mais bien d’une " éducation " des élèves, " dans le but – écrit ce futur "professeur des collèges" – de les amener vers [sic] un esprit critique de leur propre comportement et donc vers une autonomie intellectuelle ". Traduisons de la novlangue en français courant : mener une guerre idéologique contre la pudeur, le "préjugé" quant aux déviances sexuelles, la protection de la famille et la morale judéo-chrétienne. Je vous invite à lire avec beaucoup d’attention le chapitre VII du présent ouvrage (" Alfred Kinsev et l’éducation sexuelle aux États-Unis "), pour comprendre la perversion et le désastre de l’éducation sexuelle selon Kinsey. Le mémoire précité ne manque pas, dès sa page 7, à l’inclination déférente autant qu’obligatoire devant le "prophète" de la révolution sexuelle : " En 1938 [sic pour 1948] Alfred Kinsey, un professeur de biologie publie un Rapport sur la sexualité masculine suivi d’un Rapport sur la sexualité féminine en 1953 [sic pour 1952]. Il appuis [sic pour appuie] ses travaux sur un large échantillon représentatif [sic, voyez les chapitres II et IV] des comportements sexuels. Il met ainsi en lumière la pluralité de la sexualité humaine et fait tomber les notions de normalité dans le domaine de l’homosexualité ou de la masturbation. " Passons sur le français approximatif qu’on serait pourtant en droit d’attendre d’une enseignante du Secondaire, fût-elle chargée des " Sciences de la Vie et de La Terre " (SVT). Ce qu’elle écrit est, toutefois, parfaitement compréhensible. Victime de l’imposture Kinsey, elle ne manquera pas de la propager, à son tour, tout au long de sa carrière d’enseignante.
Une imposture cinématographique Le film " Kinsey " de Bill Condon a commencé sa carrière aux États-Unis le 12 novembre 2004, et l’a achevée le 31 mars dernier après avoir été projeté, au mieux de son "succès", dans 588 salles. Il a rapporté, sur son marché national, un peu plus de 10 millions de US$, mais en a coûté plus de 11 : il se retrouve au 2 775e rang dans le classement des chiffres d’affaires réalisés par un film aux États-Unis... Par comparaison, " La Passion du Christ " de Mel Gibson est classée 9e et a rapporté près de 370 millions de US$ sur le seul marché américain. Le producteur, Myriad Pictures – autrement dit, Francis Ford Coppola –, ne doit pas se frotter les mains. Peut-il encore espérer se "refaire" sur le marché international ? Ce n’est pas assuré... Au 4 avril 2005, le chiffre d’affaires à l’international plafonnait à 2,5 millions de US$ (" La Passion du Christ " en a rapporté 241...). En France, le film est sorti le 6 avril sous le titre " Dr Kinsey ". Malgré une (grosse) presse à peu près unanime pour le saluer, ce " Dr Kinsey " pourrait bien être un des "bides" cinématographiques de l’année. En effet, du mercredi 6 au dimanche 10 avril inclus, le film n’a attiré que 44 530 spectateurs (19 523 pour Paris/périphérie), malgré les 173 écrans sur lequel il était projeté (soit une petite douzaine de spectateurs, en moyenne, par séance et par salle). Et ce n’est pas la faute des médias... Mon espoir de journaliste serait de toucher un euro à chaque fois que je débusque la bêtise d’un confrère de la presse. Ne serait-ce qu’avec les premiers articles parus sur le film, je pourrais commencer à m’imaginer en pré-retraite dorée. Par quoi ou par qui commencer ? Par un romancier du dimanche qui se prend pour un journaliste. Dans Madame Figaro (2 avril), Éric Neuhoff voit dans ce film consacré à un " bon scientifique " – antonymie – qui " interrogea la terre entière " – hyperbole – " la biographie d’un homme, d’un pays – sic ! –, d’une époque – resic ! ". Le prosateur se met à rimer puisqu’il écrit avec les pieds. Anthony Palou, son confrère du Figaro Magazine (2 avril), voit dans Kinsey un entomologiste qui " dut toute sa vie se battre contre le puritanisme d’une Amérique victorienne ". " Amérique victorienne " : l’expression est nouvelle... En fait, Kinsey se démena comme un "beau diable" pour abattre les dernières barrières le protégeant de ses propres turpitudes. Je ne suis pas sûr que ce film constitue un " sujet en or ", ni qu’il mérite l’étoile (= bon) que Palou lui concède, ou les qualificatifs de " sobre et pédagogique " que Jean-Luc Wachthausen (Figaroscope, 6 avril), ne barguigne pas à lui décerner en plus de ses deux étoiles (= très bon). Il est vrai que ce dernier journaliste croit à la " pertinence des études " de Kinsey, ce qui prêterait à sourire si le sujet n’était pas aussi grave. Pour Éric Libiot de L’Express (4 avril), le film " conte par le menu " la vie de Kinsey : " conte " sans doute (pris en substantif), mais le " menu " fait l’impasse sur sa vie cachée de pédomane sadomasochiste, vie cachée que ne semble pas ignorer Philippe Boulet-Gercourt du Nouvel Observateur (4 avril) qui, tout en admettant que Kinsey " a parfois franchi les limites de la décence la plus élémentaire " – qu’on aime lire cela dans le Nouvel Observateur... – nie qu’il ait été un pédophile : " sauf preuve du contraire, Alfred Kinsey n’était pas pédophile ". Proposition à la fois illogique (l’absence de preuve n’est pas garantie d’innocence) et fausse (des collaborateurs de Kinsey l’ont reconnu). Mais admettre l’inadmissible serait démolir cet " homme armé d’une telle rigueur et d’un tel sens de l’éthique ", comme ose l’écrire le Télegramme de Brest (6 avril). Faire subir les derniers outrages à des garçonnets et des nourrissons, ne me semble décidément pas être le sceau d’un " authentique esprit libre ", n’en déplaise à Frédéric Strauss ou Aurélien Ferenczi de Télérama (9 avril). Évidemment, Marianne (2 avril), sous la plume de Danièle Heymann, n’est pas de reste avec ses confrères. Le film est " sérieux, honnête, pédagogique ". Normal, puisque dans la même livraison (un dossier de 9 pages !), Patrick Girard se dit " totalement rassuré quant au sérieux des enquêtes menées par Alfred Kinsey ". Puisqu’on vous le dit : le film comme Kinsey sont " sérieux "... Pour conclure, passons à Jean-Luc Douin du Monde (6 avril). On voudra bien me permettre de traiter en dernier le... premier des journaux de la subversion. Encore qu’on l’ait accusé " de recherches illégales sur les enfants et la pédophilie ", écrit Douin – rassurez-vous, ce ne sont que des accusations, il n’y a pas de preuve, comme l’écrit Boulet-Gercourt – " Kinsey a mis ses idéaux de tolérance en pratique " puisqu’il " n’y a pas de pulsions anormales ". C’est d’une logique implacable : je dois tolérer mes turpitudes et passer à l’acte puisqu’elles sont normales... Enfin, bon, selon Douin, Kinsey " meurt d’une crise cardiaque en 1956 ", commettant une légère erreur anatomique : le cœur, M. Douin, se trouve au-dessus de la ceinture... Écrasante unanimité des mass médias. Bouderie du public. C’est assez réjouissant. Sans pour autant prétendre que notre modeste campagne d’information et de mise en garde sur ce film-imposture y est pour beaucoup, il n’est pas interdit d’admettre que nous n’y sommes pas pour rien. Comme vous allez pouvoir le découvrir en lisant les chapitres qui suivent, ce film est une véritable imposture consacrée à un véritable imposteur. Ce prétendu film " biographique " glorifie Alfred C. Kinsey comme le père de la " révolution sexuelle " qui aurait, enfin !, libéré l’humanité des tabous d’un autre âge sur la sexualité... En vérité, ce film fait l’impasse sur la vraie personnalité de l’auteur du Comportement sexuel de l’homme (1948) : un érotomane pédophile, sado-masochiste, sexiste, raciste, antisémite, anti-chrétien, dissimulateur et expert en manipulations aussi bien humaines que statistiques, un précurseur de la " culture de mort ". Les pseudo " résultats scientifiques " obtenus par Kinsey dans des conditions abominables (que vous pourrez, avec beaucoup de courage, lire dans le chapitre III), ont eu un effet dévastateur sur les comportements les plus intimes de l’être humain comme dans les législations sociales depuis plus de cinquante ans. […] Daniel Hamiche 17 avril 2005
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Avant-propos J’ai gagné ma vie en faisant des choses que j’aurais préféré ne pas faire. J’ai voyagé dans le monde entier, exposant les mensonges de la révolution sexuelle et proclamant un message de guérison par le sexe, de salut par le sexe. Dieu sait que nous avons besoin d’un peu de bonnes nouvelles quand on en vient au sexe. Les blessures spirituelles, psychologiques et physiques qui ont marqué la soi-disant "libération" sexuelle, sont profondes, très profondes. La bonne nouvelle, c’est que la guérison et la restauration sexuelles sont possibles dans le Christ. Si vous voulez comprendre la révolution sexuelle et le déclin moral de l’Amérique au cours du demi-siècle écoulé, il vous est tout simplement impossible de ne pas tenir compte d’Alfred Kinsey. En résumant le travail considérable du Dr Judith Reisman, Susan Brinkmann, une journaliste primée, apporte au lecteur un aperçu sur le monde inquiétant des recherches de Kinsey en matière de sexe. Fondée sur une méthodologie erronée, sur des renseignements défectueux et des "expérimentations" sexuelles criminellement imposées à des adultes, des adolescents, des enfants – jusqu’à des nourrissons –, la conception pervertie de Kinsey sur le sexe continue à affecter quasiment tous les aspects de notre culture. Elle s’est infiltrée dans nos couples, dans nos familles, dans nos écoles, dans nos hôpitaux, et même dans nos églises. Pendant une période de ma vie, j’ai fait miennes certaines des forgeries dont Kinsey et ses épigones étourdis promouvaient la "normalité". Mais si la sexualité permissive était la norme – la manière dont elle " devrait être " – et si toute retenue relevait de tabous religieux d’un autre âge, pourquoi, alors, mes "libertés" sexuelles me causaient-elles – ainsi qu’à d’autres – une telle souffrance ? J’ai commencé à me poser ces questions alors que je poursuivais mes études supérieures, réfléchissant sur ces cœurs blessés, ces corps malades, ces vies brisées qui étaient – en grande partie à cause de Kinsey – un aspect "normal" de la vie de nos turnes. Brinkmann nous apprend que Kinsey grandit dans un foyer chrétien rigide où danser, fumer, boire, sortir avec des filles était interdit. Je me demande si cela ne constitue pas un indice pour déchiffrer l’homme et ses motivations. Une religion de purs et simples interdits ne correspond en aucune manière au mystère de la personne humaine et aux ardents désirs du cœur de l’être humain. Pourtant, beaucoup de gens ne voient dans le christianisme – tout particulièrement quand il s’agit de morale sexuelle – qu’une longue liste d’interdits étouffants. Quel tragique appauvrissement de la bonne nouvelle annoncée par Jésus-Christ ! Le Christ n’est pas mort sur une croix et ne s’est pas relevé d’entre les morts pour nous accabler d’une longue liste de règles oppressives. Il est mort sur une croix et s’est relevé d’entre les morts pour nous libérer des règles – non pas libres de les briser, mais libres de les accomplir (cf. Matthieu 5, 17 ; Romains 7 ; Galates 5). L’amour rédempteur du Christ nous libère de nos attitudes libidineuses, utilitaires, afin que nous puissions être des hommes et des femmes conformes à ce pour quoi nous avons été créés ; afin que nous puissions aimer comme nous sommes appelés à aimer. Ainsi, la vraie liberté, ce n’est pas d’être libéré de la "contrainte" extérieure qui nous appelle au bien, comme se le figurait Kinsey. La vraie liberté, c’est d’être libéré de la contrainte intérieure qui nous empêche de choisir le bien. Au plus profond de notre cœur nous faisons l’expérience d’une guerre entre le bien et le mal, entre l’amour et tout ce qui s’oppose à l’amour. Personne n’est plus libre que celui qui, au cœur de cette bataille, voit ce qui est vrai, bon et beau, le désire de tout son cœur et le choisit librement. " C’est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés " (Galates 5, 1) : sans cela, la religion se transforme rapidement en règles imposées. Imposer des règles aux gens, fussent-elles sages (à plus forte raison quand elles sont arbitraires), provoque la rébellion. Kinsey a grandi à une époque où la vue de la cheville d’une femme provoquait un scandale. Une atmosphère de pudibonderie et de rigorisme poussera, en fin de compte, une personne (et la culture) à l’extrême opposé. Je ne dis cela en aucune manière pour justifier les horreurs de Kinsey, sinon, peut-être, pour les comprendre un peu mieux, et pour souligner qu’un retour au silence puritain sur les questions de sexe n’est pas la solution à la révolution que Kinsey a inspirée. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un nouveau langage démontrant la beauté du plan de Dieu pour le sexe et de la joie de le vivre. D’une manière ou d’une autre, il nous faut démontrer au monde moderne que l’éthique sexuelle chrétienne – fort éloignée de la liste étroite et pudibonde des interdits à laquelle on la réduit ordinairement – est, en vérité, un message libérateur de salut qui correspond parfaitement aux plus profonds désirs du cœur à l’amour, à l’intimité, à la nuance et à l’affirmation. Dieu accorde à l’Église ce dont elle a besoin quand elle en a besoin. Au cours des vingt dernières années en Amérique et partout dans le monde a surgi un nouveau groupe de scientifiques, d’écrivains, de philosophes, de théologiens, de défenseurs de la vie et de porte-parole de la chasteté, défendant, de manière attrayante et persuasive, la morale judéo-chrétienne. Un grand nombre de ces nouveaux défenseurs de l’authentique dignité de l’homme – au nombre desquels je me compte – tirent leur inspiration de la vie et de l’enseignement du pape Jean-Paul II. Ce philosophe et théologien polonais a apporté une contribution extraordinaire à la pensée humaine, dont l’Église et le monde profiteront de la floraison pour des siècles. Le théologien catholique George Weigel a qualifié la théologie du corps de Jean-Paul II " d’une des plus audacieuses reconfigurations de la théologie catholique depuis des siècles [...] une sorte de bombe à retardement théologique réglée pour exploser, avec des conséquences considérables, sans doute au XXIe siècle " (Witness to Hope1, pp. 336, 343). Construisant sur les perspicacités des plus grands saints et mystiques, Jean-Paul II nous enseigne que Dieu a créé la sexualité comme une "icône" de son propre amour divin, et signe terrestre qui nous désigne un mystère céleste (cf. Éphésiens 5, 31-33). Toutefois, quand nous perdons de vue le plan d’amour de Dieu pour l’humanité, l’icône (l’union des sexes) dégénère rapidement en idole. Nous en arrivons, comme saint Paul l’a remarqué, à adorer la créature plutôt que le Créateur. Dieu, en retour, nous abandonne à nos passions désordonnées, à notre esprit ignoble et à notre comportement inadéquat. Hommes et femmes abandonnent les relations naturelles pour rechercher toutes sortes de déviations sexuelles (cf. Romains, 1, 25-28). Bienvenue dans le monde selon Kinsey ! Dans un tel monde, ce qu’il y a de plus ignoble chez l’homme, ses penchants les plus déchus, est considéré comme "normal". Dans un tel monde, le plaisir sexuel – obtenu de toutes les manières dont on ait envie – est considéré comme un droit de l’homme et un accomplissement indépassable. Dans un tel monde, "l’icône" de l’union sexuelle se transforme en idole, en objet d’adoration substitué à Dieu. Malgré les horreurs, subsiste un élément important dans l’obsession idolâtre de Kinsey pour le sexe. Derrière tous les faux dieux, nous découvrons que notre envie de Dieu est allée de travers. La confusion sexuelle, si manifeste dans notre monde et dans nos cœurs, n’est que le désir humain du Ciel devenu fou. Détortillons les distorsions de Kinsey et découvrons la stupéfiante gloire du sexe dans le plan divin : Dieu nous a créés mâle et femelle et nous appelle à nous unir dans une union fertile et extatique pour nous préparer à l’amour éternel, à la béatitude éternelle. Alors, le sexe ne signifie que ce qu’il est : une marche qui nous permet d’entrer dans l’amour que Dieu nous porte de toute éternité. Chaque homme et chaque femme veut cet amour, alors que chaque homme et chaque femme en est privé. Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour nous condamner pour nos manques d’amour. Il a envoyé son Fils dans le monde pour nous sauver, pour restaurer en nous notre authentique humanité, et pour satisfaire les plus profonds désirs de nos cœurs. C’est cela la " bonne nouvelle " que nous avons à annoncer à un monde tout près de commettre un suicide sexuel. Si Kinsey avait été élevé dans cette vision libératrice plutôt que selon une longue liste d’interdits, le monde serait peut-être aujourd’hui différent. Il peut encore l’être si nous montrons cette vision pour la partager avec le monde dans une nouvelle évangélisation.
Christopher West2
1. Publié en français sous le titre Jean-Paul II témoin de l’espérance, Lattès, 1999 (NdT). 2. Auteur de Good News About Sex and Mariage, ouvrage non traduit en français (NdT).
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