Rémy CHAUVIN

 

LE DARWINISME
OU LA FIN
D’UN MYTHE

L’Esprit et la matière

 

ÉDITIONS DU
ROCHER
Jean-Paul Bertrand

1997

 

QUATRIÈME DE COUVERTURE

Le
darwinisme
ou la fin
d’un mythe

Rémy Chauvin

Doit-on définitivement enterrer Darwin ? Ce qui dans une théorie intéresse l'homme de science est qu’elle soit efficace, qu’elle inspire des expériences. Or, est-ce toujours le cas pour le darwinisme ? Après avoir, c’est incontestable, présidé à la naissance de la biologie moderne, Darwin peut-il encore servir ? Quelle est la place du darwinisme dans la biologie actuelle ? Peut-il faire progresser la recherche ?

Certains défenseurs acharnés de ce courant voudraient nous faire croire que le darwinisme permet de tout expliquer ! Ainsi, ne débouche-t-on pas sur une tautologie si l’on affirme que l’évolution naturelle existe puisque les espèces présentes ont évolué ? Ces positions, pourtant âprement défendues par certains darwiniens, sont révélatrices des limites des théories évolutionnistes.

Dans cet ouvrage polémique, le professeur Chauvin s’attaque à un mythe. Son essai a de plus le mérite d’ouvrir le débat ; un débat que de sages revues comme Science ou Nature se gardent bien de susciter.

Rémy Chauvin, professeur honoraire à la Sorbonne, biologiste mondialement connu, est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages, dont le Traité de biologie de l’abeille et, aux éditions du Rocher, La Biologie de l’esprit, Le Monde des fourmis, 1994, et Le Monde des oIseaux, 1996.

 

Introduction

Ceci n’est pas un ouvrage sur l’évolution à proprement parler, mais sur le darwinisme et ses sectateurs. L’idée m’en vint lors d’une conférence organisée par un de mes amis, où darwiniens et non-darwiniens s’opposèrent avec vigueur... Jusqu’alors, j’étais concerné bien sûr par l’évolution, comme tous les biologistes (l’évolution est un fait et non une théorie, et nous la rencontrons à chaque pas) d’autant plus que ma formation première était celle d’un zoologiste.

Mais les théories sur l’évolution ne m’intéressaient pas beaucoup. J’étais convaincu qu’elles n’étaient guère solides, qu’on ne comprenait pas grand-chose à tout cela, et que j’avais mieux à faire que de m’en mêler. Et puis il y eut cette conférence ; je fis connaissance avec un degré de fanatisme que je n’avais jamais rencontré dans les sciences (non point qu’il n’existe pas, nous ne sommes que des hommes avec toutes leurs passions, mais à ce degré-là !). L’injure remplaça les arguments : l’un des conférenciers compara ceux qui ne croyaient pas trop au darwinisme aux partisans de la terre plate auxquels Hitler s’intéressa, etc. L’un de mes collègues et ancien élève m’envoya une lettre furibonde parce que je lui avais présenté quelques critiques d’un énorme livre qu’il venait de concocter, sur l’évolution darwinienne bien sûr. Si bien que je me décidai à y regarder de plus près.

Il y a trois ans de cela, je me plongeai dans les théoriciens du darwinisme dont certains sont des plus ennuyeux ; je constatai même que Darwin était beaucoup plus nuancé et beaucoup moins fou que ses enragés sectateurs ; ce qui me stupéfia le plus, ce fut la pratique d’un mode de raisonnement incroyable, dont on ne se sert nulle part ailleurs dans les sciences, et qui consiste à considérer des hypothèses comme des faits, alors que par ailleurs on les déclare (ce qu’elles sont réellement) invérifiables.

Mais que nous est-il donc arrivé ? Pourquoi un certain nombre de collègues (pas tous, loin de là, heureusement) deviennent-ils enragés dès qu’on touche aux hypothèses darwiniennes, même si par ailleurs on reconnaît et je reconnais qu’elles ont été exceptionnellement fécondes et ont rendu un grand service à la biologie ?

Dans une telle situation, qu’on rencontre souvent dans des discussions politiques apparemment anodines, il existe un motif passionnel sous-jacent, qui fait qu’on ne discute pas vraiment du sujet en cause, mais qu’on soupçonne l’interlocuteur de vouloir attaquer une opinion personnelle à laquelle on tient par-dessus tout.

C’était bien de cela qu’il s’agissait et je m’en convainquis avec une anecdote qu’on me rapporta sur Dawkins. C’est un biologiste par ailleurs fort estimable, mais à propos de certains sujets, comme celui dont je parle, il perd littéralement la tête... On faisait donc remarquer à sa femme que son mari, lorsqu’on voulait lui parler de l’évolution, posait une seule question :

Croyez-vous en Dieu ?

Et si on lui répondait par l’affirmative, il vous tournait le dos.

Madame, dit alors un de mes amis, votre mari semble avoir grand-peur de Dieu ?

Non pas, Monsieur, mais Dieu doit avoir grand-peur de mon mari !

Mon ami en resta bouche bée...

C’était le fond du problème et je le trouvai même énoncé très précisément dans plusieurs écrits darwiniens.

Voici la situation : les premiers opposants à Darwin lui firent la guerre parce que ses théories étaient contraires à la Bible et menaient à l’athéisme (Gould affirme que c’est tout à fait faux, et que l’opposition vint surtout du manque de preuves à l’appui de la théorie darwinienne).

Donc, on ne peut s’opposer au darwinisme qu’en vertu d’idées préconçues, c’est-à-dire qu’on est un déiste honteux et attardé, auquel on doit tourner le dos ; la discussion ne sert à rien : il ne reste qu’à attendre la chute de votre piteux interlocuteur dans les poubelles de l’Histoire (comme disaient les partisans d’une autre religion, qui a mal fini, il y a peu de temps). Or A) il est parfaitement exact que beaucoup de personnes, qui ne sont pas des biologistes en général, sont opposées à Darwin à cause surtout de la virulence antireligieuse de certains darwiniens ; B) il est non moins certain que les biologistes opposés à Darwin ne sont pas créationnistes (le créationnisme est le fait de certains chrétiens fondamentalistes présents surtout outre-Atlantique et qui sont pour le moins aussi fous que certains darwiniens).

 

Directions générales

La véritable raison qui explique l’âpreté des controverses est donc l’antagonisme millénaire entre matérialisme et spiritualisme ; j’en donnerai des exemples empruntés aux livres de Dawkins et Dennett. Mais j’en pourrais citer beaucoup d’autres ; non point que tous les darwiniens adhèrent explicitement au matérialisme : j’en connais de fort raisonnables et modérés ; mais comme dit le proverbe " un fou qui hurle fait plus de bruit que cent sages qui se taisent ". Toutefois, il faut bien de temps en temps répondre aux fous.

Et pourtant je ne le ferai que brièvement pour plusieurs raisons : 1) Je considère qu’un débat sur des problèmes millénaires est vicié dès l’origine si on ne se rend pas compte qu’à l’époque moderne les notions de matière et d’esprit sont des plus obscures, surtout à la lueur de la physique quantique : j’en donnerai un seul exemple en opposant Penrose à Dawkins et Dennett. Est-on bien sûr de ne pas se trouver seulement devant des catégories inventées par les Grecs pour la commodité de la controverse ? Il était utile sans doute au début de séparer " Hyle " et " Nous ". Mais nous sommes bien plus loin maintenant et si le divin Platon renaissait de ses cendres, il serait le premier à en convenir. 2) Mais outre le fait que je ne veux pas m’engager dans une discussion qui ne m’intéresse pas, parce que les prémisses en sont trop mal posées, j’insiste lourdement sur le fait que pour un homme de science : ce n’est pas le problème. Nous sommes des praticiens, nous autres, des gens de métier : ce qui nous intéresse dans une théorie, c’est qu’elle soit efficace, qu’elle inspire des expériences. Or (j’entends hurler certains fanatiques) est-ce encore le cas pour le darwinisme ? Après avoir, c’est incontestable, mis la biologie sur orbite, Darwin peut-il encore nous servir ? Je trouve que non et pas seulement parce que trop d’erreurs ou de sottises ont été proférées en son nom. 3) Alors objection classique des darwiniens vous ne voulez pas du darwinisme, et vous n’avez rien à mettre à sa place ? Ce n’est pas la question. Cette objection, comme l’a dit un ingénieux critique, revient à garder en prison un homme pourvu d’un excellent alibi, sous prétexte qu’il faut trouver le vrai coupable avant de le libérer ! La réponse, c’est qu’il reste à faire notre métier, c’est-à-dire à chercher autre chose... II me semble que depuis de nombreuses années, la conviction que le darwinisme était la réponse définitive a paralysé la recherche dans des directions différentes ; je ne veux parler ici que du point de vue théorique. Une " nouvelle-nouvelle synthèse " n’a pas été envisagée. Pour beaucoup c’eût été un blasphème. Et puis, comme Kuhn l’a souligné, il faut beaucoup de temps pour qu’un paradigme succède à un autre dans les sciences et tout ce qui est nouveau y rencontre une opposition parfois frénétique. Tant et si bien que nous n’avons pour le moment rien à proposer en face du darwinisme sauf de chercher une nouvelle théorie, ce qui n’a pas été fait sérieusement jusqu’à présent.

 

Situation actuelle du darwinisme

Sous peine de choir dans la banalité, je ne puis m’étendre ici sur le darwinisme en général. En dehors des hommes de science, beaucoup de personnes, qui ne connaissent pas la théorie, la tiennent pour acquise une fois pour toutes (ce qui serait étrange pour une théorie scientifique), ne se soucient pas de ses conséquences, et se contentent vis-à-vis d’elle d’un salut en passant.

C’est tout à fait net dans les milieux philosophiques et littéraires et aussi dans les sciences humaines... Comment pourrait-on, en dehors de la biologie, apprécier réellement le support que les êtres vivants donnent, ou non, au darwinisme ? Tout a été dit par ailleurs sur les sottises du darwinisme social et ce qu’en ont tiré les nazis et autres staliniens. On en remplirait des bibliothèques !

Je signalerai en passant que le plus compliqué, c’est justement de discerner quelle est aujourd’hui la pure doctrine darwinienne... J’ai été surpris d’y constater tant de contestations sur des points variés et même tant de doutes parfois fondamentaux, même quand ils sont corrigés, in fine, par un furtif coup de chapeau à Darwin. Mais à ce sujet il me faut dissiper une illusion.

 

Le darwinisme dans les pays anglo-saxons

On croit en général que les darwiniens ont remporté dans les pays anglo-saxons une victoire sans partage ; on affirme, et je crois que c’est vrai, qu’il serait impossible de publier dans Nature ou Science un article contre Darwin du genre de celui que Schutzenberger a réussi à faire passer récemment dans La Recherche, sans soulever une tempête de protestations unanimes. Mais en dehors de ces deux journaux résolument conformistes, j’ai été stupéfait de constater que l’assentiment qu’on m’avait donné comme général n’était pas si général que cela. On trouvera dans cet ouvrage de multiples exemples de cet état d’esprit, qui n’est pas si nouveau ; il me semble néanmoins, depuis plusieurs années, se manifester beaucoup plus explicitement.

Qu’on lise par exemple les critiques de Pyke et de ses collègues contre le bastion des zélotes les plus enragés, j’ai nommé la sociobiologie. Dans une importante revue qui cite plus de deux cent trente publications, la conclusion de l’auteur pourrait presque se résumer ainsi : " Tout cela ne rime pas à grand-chose, car les expériences ont été mal faites ". Le lecteur verra si j’exagère au cours des citations que je fais de la revue de Pyke.

 

Situation du darwinisme dans la biologie actuelle

C’est évidemment le point auquel j’attache le plus d’importance. Or, il n’est pas vrai du tout que les biologistes en général passent leur temps à se demander avec angoisse si leurs conclusions sont ou non darwiniennes. La question ne se pose réellement que dans les périodiques explicitement consacrés à l’évolution (ou à ce que les darwiniens appellent évolution). Mais de très vastes domaines de la physiologie, de la paléontologie, même de la génétique, ne se soucient pas du tout de prouver ou non le darwinisme. Ils ont bien assez de problèmes techniques pour s’encombrer encore de maquis théoriques ! Quand nous en parlons, la controverse est souvent très molle, sinon inexistante ; ou alors un collègue évoque d’un ton pompeux et ironique l’" inclusive fitness ", ou autres belles choses de ce genre : il y a des sourires et on parle d’autre chose... On pourrait dire que le darwinisme a si bien gagné qu’on ne s’en occupe plus ; il serait plus juste de constater que la plupart des chercheurs ne s’en soucient tout simplement pas.

 

Une dérive vers la secte

J’ai évoqué plus haut la stupeur qui m’a saisi quand j’ai été témoin, pour la première fois de ma vie, de la dérive darwinienne vers la violence des propos et même l’injure. Peut-on admettre que cette tendance va se généraliser, tout au moins dans certains milieux ? Je crois que oui et on le constatera en lisant Dawkins ou Dennett (Monod inclinant déjà de ce côté) : c’est d’ailleurs pour cela que je leur ai donné tant de place, pour qu’on ne s’habitue pas à considérer le darwinisme comme une théorie du modèle courant. C’est bien plus que cela...

Dennett a parlé des " idées dangereuses de Darwin " qu’il compare à un acide rongeant subtilement toutes les vieilles formules et toutes les vieilles croyances. C’est en effet ce que le darwinisme est devenu (Darwin n’ignorait pas ce qui arriverait) et Dennett s’en réjouit puisque son idéal est le matérialisme intégral.

Or ces gens jouent avec le feu ; lorsque Monod a publié son livre fameux, j’ai constaté l’affolement d’une quantité de braves gens qui voyaient s’écrouler bon nombre de notions sans doute fort naïves mais sur lesquelles ils avaient vécu jusque-là ; et on ne leur proposait pour les remplacer que les belles phrases de Monod qu’ils trouvaient creuses et qui l’étaient en effet... Je me suis employé plusieurs fois à les rassurer, ce qui me rappelait les paroles de la Bible : " Si un homme te parle au nom de Yahweh, comment reconnaîtras-tu la parole que Yahweh a dite ? Si ce qu’il a dit n’arrive pas, si cela ne se réalise pas, alors tu reconnaîtras une parole que Yahweh n’a pas dite : c’est par orgueil que le prophète aura parlé : tu ne l’écouteras pas, tu n’auras pas peur de lui. "

Et, en effet, voilà la situation que des " prophètes " indiscrets comme Monod, Dawkins et Dennett n’ont pas considérée sérieusement : une très grande partie de nos concitoyens (et la presque totalité de ceux qui n’ont pas de culture scientifique, c’est-à-dire la majorité, à cause de la faillite de notre enseignement) ont peur et parfois horreur de la science : surtout à cause de la bombe atomique et de la pollution, mais cela va beaucoup plus loin que ces craintes après tout justifiées : car les dangers de l’atome et de la pollution viennent de la science et du productivisme industriel, qui en procède directement. Toute campagne antiscientifique a un écho immédiat et qui m’épouvante.

En vérité, on ne nous aime pas : certains d’entre nous ont vraiment dit trop de sottises qui ne procédaient pas de la science mais uniquement de leurs préférences philosophiques personnelles. Si vraiment la science donne du monde une image insupportable, si elle prive la vie de son sens (et c’est bien à quoi aboutit le livre de Monod, sans oublier l’écho que lui font Dawkins et Dennett), alors supprimons la science ! C’est très facile, il suffit de baisser les crédits des laboratoires.

C’est impossible et inopérant ? Ah oui ? Supposez que le gouvernement, en proie à des ennuis financiers, décide de réduire le budget de la recherche (ce qu’il fait). Croyez-vous que la population en serait émue ? Croyez-vous qu’un défilé de chercheurs réclamant des crédits soulèverait beaucoup d’émotion ? Alors pour rassurer les gens, il faut donc revenir au bon vieux créationnisme ?

Naturellement ce serait tout à fait absurde, d’autant plus que le créationnisme n’explique rien du tout, pas plus que le darwinisme, comme nous le verrons plus tard. Vouloir que le Dieu Créateur ait aidé personnellement Ichtyostega à sortir de l’océan au dévonien ne nous aide pas à comprendre ce qui s’est passé ; or, c’est ce que la science désire avant tout : saisir le mécanisme interne et physiologique qui a suscité le phénomène.

En réalité, les créationnistes actuels procèdent d’une théologie des plus naïves, à laquelle la religion a renoncé depuis longtemps. Dans la théologie moderne, la matière dépend du Dieu Créateur, mais Dieu ne dépend pas de la matière. L’acte créateur lui-même est environné d’un profond mystère et si Dieu venait nous l’expliquer, ce serait peine perdue, car nous n’y comprendrions rien ! Dieu a été à l’origine des mécanismes sublimes que nous cherchons à démêler ; et le peu que nous y comprenons nous plonge dans l’admiration... Mais leur origine est toujours entourée de brume et je dirais presque, en paraphrasant Pascal, " le mystère éternel de ces mécanismes infinis m’effraie ".

Ce qui reste à faire, c’est étudier, chercher à comprendre. Et abandonner l’orgueil. Nous savons encore peu de choses : pas assez pour vaticiner et prétendre comme les darwiniens qu’on a tout compris, ou qu’on tient la théorie définitive, ce qui revient au même. Quant à ce qu’il faut dire, c’est la vérité, bien entendu, mais tempérée par la prudence qui ne doit jamais abandonner l’homme de science au profit de l’orgueil.

Mais j’en reviens à ce que je disais tout à l’heure, à propos des gens qui ne nous aiment pas : est-ce que l’essor fabuleux et déplorable du créationnisme aux États-Unis ne me donne pas raison ? Est-ce qu’il s’explique sans la peur du Vide, que tant de déclarations intempestives ont suscitée ? Est-ce qu’il est raisonnable de dire comme Dawkins : " Le darwinisme permet en partant de tout d’aboutir à tout " ? Voyez-vous bien le danger d’afficher comme cela un sot orgueil ?

 

Résumé de l’argumentation

Je commence par analyser la situation actuelle du darwinisme dans la biologie : elle n’est nullement aussi favorable qu’on le dit, et les théories darwiniennes sont de plus en plus discutées, non seulement en France mais aussi dans le monde anglo-saxon.

a) Nous ne sommes pas en face d’une théorie biologique au sens strict mais d’une offensive du vieux matérialisme contre le " créationnisme " ou plutôt contre le spiritualisme malgré l’inconsistance de ces deux termes. Plusieurs hommes de science s’en aperçoivent d’ailleurs.

b) J’insiste sur le fameux " cercle vicieux " ou " tautologie " du darwinisme, qui n’a pas été jusqu’à ce jour corrigé le moins du monde. La faille principale du darwinisme est d’ordre logique.

c) La théorie qui veut que la sélection naturelle corrige les " défauts " des organismes nous amène ni plus ni moins au finalisme le plus désuet.

d) Le problème central est celui de la mesure : on ne peut mesurer ni la sélection, ni l’adaptation, ni même trop souvent l’accroissement d’une population avec suffisamment de précision.

e) Les darwiniens semblent s’en être aperçus sans le dire et prétendent pouvoir procéder à des vérifications de la théorie par les conséquences qu’on peut en tirer ; c’est tout le sens de la sociobiologie suivant laquelle la sélection agissant sur les comportements ou la physiologie et éliminant les dispositifs les moins efficaces doit parvenir à une quasi-perfection. Mais la sociobiologie, malgré sa fécondité, se compose essentiellement d’expériences mal faites ; les prédictions qu’elle prétend faire sont ou naïves ou controuvées (altruisme, investissement parental, fourragement optimum, etc.).

f) Des problèmes essentiels comme ceux de la coévolution restent à peu près totalement inexpliqués.

g) La paléontologie est loin de soutenir les thèses du gradualisme darwinien et ne permet en aucun cas d’extrapoler les résultats d’expériences qui ont duré quelques mois, à l’échelle des millions d’années des temps géologiques.

h) Quant à la génétique, elle condamne sans appel l’extrême naïveté qui a consisté pendant tant d’années, et consiste encore, à attacher un caractère à un gène déterminé. Il est vain de se dissimuler que la génétique, sur laquelle les darwiniens comptaient tellement, va les forcer d’ici peu à modifier complètement leurs points de vue sur l’évolution.

j) Il convient de reprendre le problème en s’inspirant davantage de la physiologie que de théories qui ne sont susceptibles d’aucune vérification. L’étude physiologique des panchroniques ou mieux encore des animaux en train d’évoluer sous nos yeux comme le périophtalme, serait plus profitable ; mais elle n’est pas même ébauchée.

Je remercie les professeurs Louis David, Rosine Chandebois et Gilles Éric Seralini, ainsi que mes amis Jean Staune et Jacques Beau, qui ont bien voulu relire mon texte et m’adresser d’utiles critiques ; malgré cela, s’il subsiste des erreurs, j’en suis entièrement responsable.

 

Sources

Je dois signaler quelques-unes des sources qui m’ont le plus impressionné (dans un sens ou dans l’autre !).

Les ouvrages de Denton, Sermonti et Fondi m’ont été des plus utiles. J’ai évidemment beaucoup puisé dans les innombrables ouvrages de Gould, où l’on rencontre, suivant le mot célèbre, " du génie, du talent et de la facilité " (et même du bavardage). Mais c’est tout de même un esprit brillant qui ose, en Amérique, patrie du conformisme darwinien, émettre des idées et lâcher des hypothèses blasphématoires bien amusantes. On peut le critiquer sans nier le fait qu’il est cité partout.

J’ai parlé avec une certaine virulence de Delsol et de son énorme traité de plus de six cents pages ; je l’ai lu et annoté et j’en ai gardé de l’amertume : il est impensable de rédiger un pareil ouvrage, qui témoigne d’une remarquable érudition zoologique, sans table des matières suffisamment explicite et surtout sans index alphabétique ! Cela m’a fait passer bien plus de temps qu’il ne convenait, et a sans doute été la cause de plusieurs oublis ou mauvaises interprétations. Il s’agit d’une véritable mine de renseignements du point de vue zoologique, mais aussi d’un témoignage parfois fort naïf en faveur du darwinisme. Là-dessus, Delsol semble quelquefois dépasser même Dawkins...

Je me suis appesanti, ce qui surprendra peut-être beaucoup de lecteurs, sur les idées naïves parfois, mais peut-être géniales en d’autres endroits, que se font les informaticiens sur l’évolution. Ce qu’ils nous disent des programmes et de leurs propriétés d’autodéveloppement m’a paru tout à fait essentiel.

Je veux surtout rendre hommage à mon maître Grassé et à ses idées, en souvenir des longues années que nous avons passées à en discuter ensemble. Il avait ses défauts, comme tout homme en ce monde, et il était même parfois insupportable d’entêtement. Mais il accomplit tout de même une prouesse que je n’ai jamais vu réalisée ailleurs : il avait quasiment digéré toute la zoologie, au point de mettre en chantier son illustre Traité de Zoologie, le seul qui soit au monde ; et même au point de remplacer au pied levé un auteur défaillant et de rédiger lui-même les tomes du traité qui n’avaient pas trouvé de rédacteur ; il est vrai qu’il se mêla parfois de donner son avis sur la biologie moléculaire ou la génétique dont il n’était pas spécialiste (alors que plusieurs de ses ennemis l’étaient). Mais quand Grassé donne son avis sur l’évolution, en tant que zoologiste, il mérite au plus haut point d’être écouté : personne, j’ose le dire, ne connaissait mieux que lui l’évolution animale dans son ensemble.

Il s’agira moins de l’évolution que des darwiniens et du darwinisme, c’est-à-dire trop souvent de la découverte d’un fanatisme. La raison profonde en est dans l’opposition du spiritualisme et du matérialisme, dont on ne traitera guère, parce que ces termes sont également anciens et inadéquats au regard de la science moderne. Le problème est de savoir si le darwinisme est encore utile en biologie. Il ne joue pas un si grand rôle dans les sciences de la vie qu’on se l’imagine.

 

 

Table

Introduction

Directions générales
Situation actuelle du darwinisme
Le darwinisme dans les pays anglo-saxons
Situation du darwinisme dans la biologie actuelle
Une dérive vers la secte
Résumé de l’argumentation
Sources

PREMIÈRE PARTIE : LA PHILOSOPHIE PROFONDE DU DARWINISME

1. Un impossible artisan, l’Horloger aveugle que Dawkins semble bien connaître

Pourquoi Dawkins écrit ce qu’il écrit

2. Dennett, le plus bavard des philosophes et " les dangereuses idées de Darwin " dont il est un acharné partisan

Le créationnisme
Au fait que pensent précisément les hommes de science d’à présent, à propos des problèmes de ce type ?
Rencontre de Dennett avec le principe anthropique
Dennett et le " jeu de la vie " (Conway)
Une question très intéressante
" Un biologiste ne peut vraiment l’être s’il refuse Darwin (! ?) "
La notion de hasard est décidément bien complexe
Une conséquence du darwinisme : la haine de " l’esprit "
Dennett et l’automobile
Tout sert à quelque chose : ou finalisme égale adaptationnisme

3. Dennett et Penrose

Une nouvelle physique biologique

4. La nouvelle conception du monde des physiciens et en quoi elle intéresse les biologistes

Le problème du temps
Les conséquences pour la philosophie biologique
Conclusions
Résumé

DEUXIÈME PARTIE : LE PROBLÈME DIALECTIQUE ET LOGIQUE

5. Le darwinisme en tant que cercle vicieux

Réflexions de Dunbar
Les définitions
Le taux d’extension des gènes ou " fitness "
Est-ce que le darwinisme est une tautologie ?

Delsol me la tautologie darwinienne
Objection de Gould qui prétend échapper au reproche de tautologie
Une série d’erreurs de raisonnement ou d’approximations fallacieuses
Le roman des grenouilles suivant Delsol
Un exemple de déviation du raisonnement
Les poissons qui sortent de l’eau
Comment poussent les oreilles
Il faut avoir une adaptation même si elle ne sert à rien
La sélection du moins inapte
Quelques absurdités amusantes
Résumé

6. Le problème de l’adaptation et la critique de l’adaptationnisme

Adaptation et finalisme
Gould démonte les ressorts de la manie adaptationniste
Mise au point d’Endler
Impossibilité de mesurer le succès évolutif
Les méthodes de détection, leurs difficultés
La difficulté de mesurer l’accroissement d’une population
Les fonctions qui devraient fonctionner
Les organes " inutiles "
L’utilité darwinienne des organes vestigiaux
L’adaptation contradictoire
Le fameux exemple du sabot comme adaptation à la course chez les chevaux
Les orchidées incommodent Delsol
Un raisonnement véritablement absurde
Incohérences de l’adaptation
L’évolution du cerveau
Résumé

7. La sélection. Difficultés dialectiques

Comment sortir des perpétuelles ambiguïtés du vocabulaire darwinien
La sélection en accusation à nouveau
La sélection sexuelle
La sélection de parentèle
Le mythe de la pression de sélection
Apparition d’une dea ex machina n° 2, la sélection stabilisante
Un trait isolé ne signifie rien
Les organes absurdes qui subsistent
Alternative à l’hypothèse des adaptations immédiates
Critique de la sélection
L’histoire de l’œil
L’œil dans la phylogénie
L’œil donne la fièvre à Dawkins
Les curieux rapports entre les difficultés de la théorie de la sélection naturelle et celle du béhaviorisme à propos du renforcement
Résumé

8. Expériences darwiniennes

La fameuse expérience de Kettlewell sur la phalène du bouleau
Et la prédation par les oiseaux, comment fonctionne-t-elle réellement ?
Une échappatoire
Les expériences oubliées d’Harrisson
Le mimétisme
Les objections à la théorie de Bates
L’expérience darwinienne de Teissier
Résumé

TROISIÈME PARTIE : LA SOCIOBIOLOGIE

9. Sous-section n° 1 : L’altruisme

Définitions de l’altruisme
Les " explications " évolutionnistes de l’altruisme
L’effet sur les proches parents
Le bénéfice est pour plus tard
La compulsion
Quelques exemples d’altruisme
L’altruisme chez les oiseaux
La lionne qui se laisse téter par les lionceaux étrangers
Comment se distribue la " quantité d’altruisme "

Résumé

10. Sous-section n° 2 : Les aides chez les oiseaux

Les aides chez les oiseaux
Définitions
Quelques cas particuliers
Les communautés d’oiseaux et le choix a priori des communautés
" Wishfull thinking ". Les présupposés et leurs dangers
Résumé
Critique de la durée d’observation, des transects, de l’espace envisagé
Les techniques de mesure

11. Sous-section n° 3 : Les notions de coût et de profit en sociobiologie

Les idées de " coût " et de " profit " dans l’écologie
Le problème du choix des mâles par les femelles.
Les pièges heuristiques. Les " prédictions "
La marge de sécurité des organismes
Les gènes en tant que métaphores
À propos de " toutes choses égales d’ailleurs "
Un cas d’hypnose darwinienne : la théorie du handicap et les mécanismes aposématiques et mimétiques
L’élaboration des dispositifs aposématiques constitue-t-elle une difficulté supplémentaire pour l’organisme ?
Résumé

12. Sous-section n° 4 : L’affouragement optimum.

Raison des difficultés particulières de la théorie
Les réflexions critiques (Pyke ; Pullian et Charnov, 1974)
Remarques
Comment mesurer le régime optimum
Économiser au mieux le temps passé dans une zone déterminée
Les déplacements optima et la vitesse optimum de déplacement
Sept années plus tard : Pyke a-t-il évolué ?
Une remarque bien pessimiste
Le cas des animaux nectarivores
Von Frisch et l’osmoguidage
Nouveau retour sur les propriétés de la machine organique
Résumé

13. Sous-section n° 5 : L’investissement parental

Énoncé de la théorie
Le raisonnement sociobiologique à l’appui de cette théorie
L’investissement postnatal
L’exemple contradictoire des macaques
Est-ce que la proportion des sexes varie avec les possibilités d’investissement des parents ?
Est-ce que l’environnement peut faire varier le rapport des sexes à la naissance ?
Conclusion
Résumé

14. Sous-section n° 6 : Quelques travaux sociologiques plus sérieux

Les hypothèses
Actions physiologiques des androgènes
Action des androgènes sur le comportement
Les androgènes et le comportement maternel
Les androgènes, l’agressivité et la dominance
Les hormones et la taille chez les femelles de mammifères
Pourquoi les lionnes ne sont-elles pas masculinisées ?
Un modèle : les mesures de Kushlan

QUATRIÈME PARTIE : UN PROBLÈME ESSENTIEL, LA COÉVOLUTION

15. La coévolution

Un hôte et son parasite
Les problèmes du parasitisme
L’hyperfécondité des parasites
La favorisation
Le cas des microhyménoptères
La résistance aux insecticides
La pollinisation
Le cas des abeilles de la tribu Euglossini
Les prédateurs et leurs proies
Conclusion
Résumé

CINQUIÈME PARTIE : LE DARWINISME, LA PALÉONTOLOGIE ET LA GÉNÉTIQUE

16. Le darwinisme et les données paléontologiques

Le darwinisme en crise
Les fossiles ne se comportent pas comme Darwin l’aurait voulu
Mayr et le catastrophisme
Une remarque honnête et des conclusions abracadabrantes
Certaines espèces ne changent pas parce qu’elles veulent ne pas changer (!)
L’absence accusatrice de formes intermédiaires chez les fossiles
Le fameux débat sur les fossiles du lac Turkana.
Une interprétation ?
Qu’arrive-t-il donc en réalité aux organismes quand l’environnement change ?
Les animaux créateurs et modificateurs de leur propre milieu
Les apparitions
Autres exemples d’apparitions
L’histoire d’Homo erectus
Les panchroniques
Les mutations et les panchroniques
Les particularités de l’évolution des oiseaux
La formation des chordés
Les extinctions massives
Résumé

17. Darwinisme, embryologie et génétique

Les cellules de l’œuf (blastomères) sont totipotentes
D’abord, le génome contient-il le plan de l’organisme ?
L’ADN contient-il le code de la formation des espèces ?
Comment fonctionne l’auto-organisation
Les formes de transition et la juxtaposition
Difficultés évoquées par la spéciation
L’homologie
La formation paradoxale du cristallin chez les batraciens
L’embryologie telle qu’elle est et l’homologie telle qu’elle n’est pas
L’homologie des gènes
La construction ultérieure du membre chez les vertébrés
Le rapport entre la taille des organes et le nombre des éléments cellulaires
Les protéines et la forme : pas d’accord
Pourquoi les animaux très évolués ont-ils moins d’ADN que ceux qui le sont moins ?
La génétique et l’évolution
Les limites de l’évolution
La discordance entre les phénotypes et les caryotypes
Les expériences de Twitty
Un type de raisonnement darwinien des plus douteux, appuyé sur une magnifique expérience
Le sens de la récapitulation
L’unité n’est pas la cellule, mais le groupe de cellules
La théorie synthétique dépassée
Résumé

18. L’idée d’hérédité des caractères acquis referait-elle surface ?

L’épigénisme de Waddington
Les expériences sur l’hérédité des caractères acquis
L’héritage de l’idiotype chez les lapins, selon Steele
Les mutations bactériennes de Cairns
Les critiques de Dawkins
Le génome est-il lamarckien ?
Résumé
Les oiseaux transmettent-ils à leurs petits des trajets migratoires programmés génétiquement ?

SIXIÈME PARTIE : LE PROBLÈME DES ORIGINES, LE PROBLÈME DE LA COMPLEXITÉ, L’IDÉE DE PROGRÈS ET DE BUT

Le problème des origines

19. Les recherches expérimentales sur l’origine de la vie (biogenèse)

Au fait, l’origine de la vie est-elle due au hasard seul ?
Les coacervats et les protéinoïdes

20. La complexité et l’idée de progrès et de but

Doit-on parler de " but " en biologie ?
Le finalisme selon Mayr
A-t-on le droit de classer un animal comme primitif ?
Les mammifères sont plus parfaits que les reptiles (Mayr) ?
Si la complexification n’est pas nécessaire au fonctionnement, pourquoi se développe-t-elle ?
La loi d’irréversibilité de l’évolution ou loi de Dollo
L’évolution ne revient pas en arrière, c’est donc qu’elle va en avant
Il n’y a pas d’orthogenèse en avant mais l’évolution ne revient pas en arrière ? !
Le darwinisme explique n’importe quoi
Résumé

21. Les informaticiens, la complexité et l’évolution

L’auto-organisation des systèmes complexes
Le développement spontané des programmes
L’origine de la vie
Les réseaux booléens
Les phénocopies et les inducteurs
Une critique du darwinisme
Les virus informatiques sont-ils vivants ?
La variabilité des protéines et les programmes imprécis
L’origine des organismes en tant que totalité organisée. Travaux de Shapiro
Résumé

SEPTIÈME PARTIE : UN PROGRAMME INTERNE.

22. Un programme interne

Le programme de l’évolution ?
Une cause interne ?
Un programme cytoplasmique
La dynamique cytoplasmique
Un dénigrement intéressé
La machine organique
Peut-on imaginer d’autres expériences ?
Le cas du gobie marcheur
Il faudrait regarder de plus près les cavernicoles
D’autres instabilités intéressantes
Une troisième voie
L’horloge moléculaire ramène les théories à la phase départ
Quel phénomène peut donc bien se repérer d’après l’horloge moléculaire ?
Résumé

Conclusions générales

L’extraordinaire fécondité du darwinisme n’a pas été inhibée par la médiocrité de sa dialectique
La biologie avant Darwin
Pourquoi Lamarck n’eut-il pas de postérité ?
Le darwinisme est-il une croyance ?
Le problème de la forme
Conclusions de Grassé sur l’évolution
Darwin avait-il entièrement tort ?
Programme et programmeur
On peut rêver

Appendice

Le livre singulier de Depew et Weber
Un numéro essentiel de La Recherche (1997, n° 296)

Bibliographie

Index des auteurs

Index des thèmes

 

DU MÊME AUTEUR

BIOLOGIE GÉNÉRALE

La Vie de l’insecte et sa physiologie, Lechevalier, 1941.
Physiologie de l’insecte, Éditions INRA, 1949, seconde édition 1958.
Le Comportement des animaux,
PUF, 1961.
Traité de biologie de l’abeille, Masson, 1968.
Le Comportement, Masson, 1968.
L’Éthologie, PUF, 1975.
Les Sociétés animales, PUF, 1982.
Le Monde animal et ses comportements complexes (avec Bernadette Chauvin), Plon, 1977.
Le Modèle animal (avec Bernadette Chauvin), Hachette, 1982.
Sociétés animales et Société humaine, Que sais-je ?, 1984.

GRANDE VULGARISATION

Vie et moeurs des insectes, Payot, 1961.
Les Sociétés animales, de l’abeille au gorille, Hachette, 1962.
Techniques de combat chez les animaux, Hachette, 1965.
Mes abeilles et moi, Hachette, 1976.
La Ruche et l’homme, Calmann-Lévy, 1987.
Le Monde des fourmis, Éditions du Rocher, 1994.
Le Monde des oiseaux (avec Bernadette Chauvin), Éditions du Rocher, 1996.

PROBLÈMES GÉNÉRAUX ET CONTROVERSES

Les Surdoués (Stock 1968, réédité 1997).
Des savants pour quoi faire ? (essai de sociologie de la science), Payot, 1981.
La Biologie de l’Esprit, Éditions du Rocher, 1985.
Dieu des fourmis, dieu des étoiles, Éditions du Pré-aux-Clecs (Prix Pascal), 1988.
Les Conquérants aveugles, Robert Laffont, 1988.
L’Avenir de Dieu, Éditions du Rocher, 1995.
Plus une quinzaine d’ouvrages se rapportant à d’autres sujets, dont cinq romans.

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