BIBLIOGRAPHIE
Au cours d’une vie longue et bien remplie, j’ai probablement lu plusieurs centaines de livres sur Freud et sur la théorie psychanalytique, ainsi que quelques milliers d’articles sur ces mêmes sujets. Ayant destiné ce livre au grand public et non aux spécialistes, je n’ai pas documenté chaque remarque, chaque critique ou chaque commentaire, mais j’ai cru utile de dresser la liste des livres auxquels les lecteurs curieux peuvent se reporter et trouver des sources secondaires, des discussions plus approfondies sur certaines questions et, en général, des détails plus techniques. Je les ai groupés plus loin par chapitre bien que, naturellement, il y ait beaucoup de chevauchement d’une section à l’autre.
Évidemment, il serait bon que le lecteur ait quelque connaissance de la théorie freudienne et qu’il ait lu quelques-unes des oeuvres les plus importantes de Freud. Les principaux ouvrages de référence que nous avons utilisés dans ce livre sont :
An Autobiographical Study, Londres, Hogarth, 1946 ; Case History of Schreber, Londres, Hogarth, 1958 ; Three Essays on the Theory of Sexualily, Londres, Hogarth, 1949 ; Leonardo Da Vinci (Standard Edition of the Complete Psychological Works, volume II) ; The Interpretation of Dreams, Londres, Allen and Unwin, 1937 ; Introductory Lectures in Psychoanalysis, Londres, Allen and Unwin, 1933 ; Psycholopathology of Everyday Life, Londres, Unwin, 1914 ; Totem and Taboo, London, Routledge, 1919 ; The Analysis of a Phobia in a Five-year-old Boy, Collected Papers, Volume 3, Londres, Hogarth Press, 1950 ; in Muriel Gardinier, ed., The Wolf-Man : With the Case of the Wolf-man by Sigmund Freud, New York, Basic Books, 1971).
Les lecteurs qui connaissent peu l’œuvre de Freud en trouveront un compte rendu des plus accessibles dans un livre de R. Dalbiez, Psycoanalytical Method and the Doctrine of Freud, Londres, Longmans, Green and Co, 1941. L’auteur est un adepte de Freud qui a gardé un certain sens critique, et les exemples de cas, d’interprétations de rêves, etc., qu’il donne, sont particulièrement bien choisis.
Une remarquable étude du travail de Freud du point de vue de la philosophie des sciences est contenue dans le livre d’Adolf Gruenbaum, The Fountain of Psychoanalysis, Berkeley, University of California Press, 1984. C’est le dernier mot sur le sujet, documenté et instructif, d’une logique rigoureuse et précise, admirable par sa vaste érudition à la fois dans le domaine de la psychanalyse et dans celui de la littérature philosophique.
Les lecteurs qui pensent que seuls ceux qui ont été eux-mêmes soumis à la psychanalyse ont le droit de la critiquer, auraient avantage à consulter le livre de J. V. Rillaer, psychanalyste belge, éminent et chevronné, qui a perdu ses illusions et écrit un livre des plus révélateurs, fort critique des théories et des pratiques de ses collègues, Les Illusions de la Psychanalyse, Bruxelles, Mardaga, 1980. Ce livre est un modèle du genre et n’existe qu’en français. On trouvera une critique plus complète dans le livre du psychiatre américain B. Zilbergeld, The Shrinking of America : Myths of Psychological Change, Boston, Littie, Brown & Co., 1983, qui repose sur une expérience psychiatrique de longue durée et ne ménage pas ses attaques.
L’ouvrage de E. R. Pinckney et de C. Pinckney, The Fallacy of Freud and Psychonalysis, Englewood Cliffs, Prentice-Hall, 1965, examine la psychanalyse et ses rapports avec la médecine générale ; il offre un antidote salutaire à la croyance que toutes les maladies sont psychosomatiques. Une autre critique de la psychanalyse, résultat d’une expérience de longue durée, est contenue dans le livre de R. M. Jurjevich, The Hoax of Freudism, Philadelphia, Dorrane, 1974, que l’on peut lire avec un ouvrage publié sous la direction de S. Rachman, Critical Essays on Psychoanalysis, Londres, Pergamon Press, 1963.
Deux livres offrent une perspective différente, l’une du point de vue français et l’autre du point de vue allemand : P. Debray-Ritzen, La Scolastique freudienne, Paris, Fayard, 1972, et H. E Kaplan, Ist Die Psychoanalyse Werzfrei ?, Vienna, Hans Huber, 1982. Ils couvrent beaucoup de terrain et se rapportent surtout à l’Introduction de ce livre, mais certaines parties peuvent, bien sûr, se rattacher également à d’autres chapitres.
CHAPITRE 1 : FREUD, L’HOMME
Nous pouvons commencer par citer certaines biographies qui sont fort connues. la plus célèbre, évidemment, est celle de Ernest Jones, The Life and Work of Sigmund Freud, Londres, Hogarth Press, (Vol. 1)1953, (vol. II) 1955, (vol. III) 1957 ; elle est plus près de la légende que de l’histoire, car elle omet presque toutes les faiblesses du sujet et altère fréquemment son portrait en supprimant des faits et des données qui ne lui sont pas favorables. Il en est de même du travail de M. Schur, Freud Living and Dying, Londres, Hogarth Press, 1972. Le livre de M. Krill Freud und sein Vater, Munich, L. H. Beck, 1979, examine les rapports de Freud avec sa famille.
Les lecteurs que la vérité attire plus que la légende se tourneront vers le livre de E. N. Thornton Freud and Cocaine : The Freudian Fallacy, Londres, Blond & Briggs, 1983 ; Thornton, un historien spécialisé dans l’histoire de la médecine ne ressent aucune obligation vis-à-vis de l’œuvre freudienne et c’est ce qui distingue son étude des autres ! Le compte rendu de F. J. Sulloway, Freud : Biologist of the Mi, Londres, Burnett, 1979, critique Freud mais est solidement documenté ; cet ouvrage dénonce les nombreuses légendes accumulées autour de Freud. Il en est de même du livre de H. F. Ellenberger The Discovery of the Unconscious : The History and Evolution of Dynamic Psychiatry, Londres, Allen Lane, 1970. Ellenberger s’est soigneusement efforcé de montrer combien Freud dépendait d’écrits publiés avant lui, en particulier de ceux de Pierre Janet, et son rapport est exemplaire. Sur une échelle plus modeste, L. L. Whyte dans The Unconscious Before Freud, Londres, Tavistock Publications, 1962, présente un survol de l’histoire de 2 000 ans de prédécesseurs de Freud et montre en détail comment ils ont établi l’importance de l’inconscient et décrit ses fantasmes.
Les rapports entre Freud et ses adeptes ont suscité l’intérêt de beaucoup et ont été utilisés pour appuyer la thèse qui affirme que la plus grande partie de ses théories sont basées sur l’histoire de sa vie. Deux livres peuvent être consultés avec profit pour éclairer cette position, celui de P. Roazen Freud and his Followers, Londres, Allen Lane, 1976 et celui de R. S. Steel Freud and Jung : Conflicts of Interpretations, Londres, Routledge and Kegan Paul, 1982. Ils offrent tous deux un excellent tableau des rébellions et des conflits entre les membres du groupe, du comportement autoritaire de Freud et de la diaspora qui résulta de l’excommunication de tant de ses adeptes.
CHAPITRE 2 : LA PSYCHANALYSE
COMME MÉTHODE DE TRAITEMENT
Un livre fort intéressant est celui de K. Obholzer The Wolf-Man : Sixty years later, Londres, Routledge and Kegan Paul, 1982, qui étudie le destin d’un des malades les plus célèbres de Freud, qui avait, selon ce dernier, été guéri, mais qui demeura sujet aux mêmes troubles et aux mêmes désordres pendant les soixante ans qui s’écoulèrent entre sa " guérison " et sa mort. On trouvera une discussion serrée des cas traités par Freud et des déclarations erronées où il prétend avoir obtenu des guérisons, dans le livre de C. T. Eschenroeder Hier Irrte Freud, Vienne, Urban & Schwarzenberg, 1984.
Deux livres mentionnés dans ce chapitre traitent le sujet développé par H. H. Strupp, S. W. Hadley et B. Gomes-Schwartz dans Psychotherapy for Better or Worse : The Problem of Negative Effects, New York, Arson, 1977, à savoir l’effet nuisible fréquemment noté sur la santé mentale des malades : le travail de S. Sutherland Brealsdoron : A Personal Crisis and a Medical Dilemma, Londres, Weidenfeld & Nicolson, 1976 et celui de Catherine York If Hopes were Dupes, Londres, Hutchinson, 1966. Ces lectures sont importantes pour ceux qui cherchent à savoir ce qui passe vraiment au cours d’une analyse freudienne telle qu’elle est vécue par le malade.
CHAPITRE 3 : LE TRAITEMENT
PSYCHANALYTIQUE ET SES ALTERNATIVES
Deux livres qui complètent le matériel de ce chapitre devraient être lus ensemble. Le premier est celui de S. Rachman et G. T. Wilson, The Effects of Psychological Therapy, Londres, Pergamon, 1980. C’est un remarquable sommaire de toutes les données liées aux effets de la psychanalyse et de la psychothérapie, présentées d’un point de vue critique et couvrant en grand détail les meilleurs comptes rendus actuellement à notre disposition. Le second est celui de M. L. Smith, G. V. Glass et T. J. Milier, The Benefits of Psychotherapy, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 1980. Ce livre affirme avoir survolé la littérature et avoir démontré l’efficacité de la psychothérapie, mais pour les raisons exposées dans notre chapitre, il réussit seulement à démontrer exactement le contraire. Les lecteurs qui désireraient en apprendre davantage sur les méthodes alternatives de traitement, telles que celles de la thérapie béhavioriste, peuvent consulter l’ouvrage très accessible de H. J. Eysenck You and Neurosis, Londres, Temple Smith, 1977.
CHAPITRE 4 : FREUD
ET LE DÉVELOPPEMENT DE L’ENFANT
Dans ce chapitre on pourra se reporter, pour les meilleures sources, au livre de C. W. Valentine The Psychology of Early Childhood, Londres, Methuen, 1942. Un chapitre utile de F. Cioffi intitulé " Freud and the Idea of Pseudo-Science ", paraît dans le volume publié sous la direction de R. Borger et de F. Cioffi, Expia-nations and the Behavioural Sciences, Cambridge, Cambridge University Press, 1970. Des références appropriées se trouvent dans les livres que nous citons dans les chapitres suivants.
Dans le cas du " petit Hans " j’ai utilisé la revue critique détaillée et lucide de J. Wolpe et S. Rachman, " Psychoanalytic evidence, a critique based on Freud’s case of Little Hans ", in Journal of Mental and Nervous Diseases, 1960, 131, 135-145.
CHAPITRE 5 : L’INTERPRÉTATION DES RÊVES
Il existe une véritable mine de ressources pour ce chapitre. D’excellentes introductions à l’étude de la psychologie des rêves se trouvent dans les travaux suivants : H. B. Gibson, Sleep, Dreaming and Mental Health (en train de paraître) ; D. B. Cohen, Sleep, Dreaming : Origins, Nature and Functions, Londres, Pergamon Press, 1979. A. M. Arkin, J. S. Antrobus and S. J. Eliman, 1978. D. Foulkes offre un bon compte rendu dans son livre Chiidren’s Dreams : Longitudinal Studies, New York, John Wiley, 1982 ; au départ il est freudien mais il est désillusionné par les résultats de ses propres travaux. Notons ensuite le livre de M. Ullman et N. Zimmerman, Working with Dreams, Londres, Hutchinson, 1979 et aussi celui de R. M. Jones The New Psychology of Dreaming, Londres, Penguin Books, 1970, psychanalyste devenu critique de la théorie de Freud. L’auteur le plus important de tous, toutefois, est probablement C. S. Hall ; dans son livre The Meaning of Dreams, New York, Harper, 1953, il présente une théorie opposée à celle de Freud, beaucoup plus sensée et étayée par des preuves nombreuses.
Je parle souvent dans ce livre de la tendance habituelle à symboliser les organes génitaux mâles et femelles par des objets pointus ou arrondis ; une étude détaillée de ce sujet est présentée par J. N. Adams dans The Latin Sexual Vocabuiary, Londres, Duckworth, 1982, d’où j’ai tiré plusieurs exemples cités dans ce chapitre.
En ce qui concerne les soi-disant " lapsus freudiens ", j’ai puisé dans deux livres. Le premier est celui de S. Timpanaro, The Freudian Sup : Psychoanaiysis and Textual Criticism, Londres, New Left Books, 1976 ; l’autre est publié sous la direction de V. A. Fromkin, Errors in Linguistic Performance : Slips of the Tongue, Ear, Pen and Hand, Londres, Academic Press, 1980. Ces deux livres sont excellents et offrent une introduction intéressante à la théorie et à l’étude expérimentale de ces lapsus du point de vue linguistique et du point de vue de la psychologie expérimentale.
CHAPITRE 6 : L’ÉTUDE EXPÉRIMENTALE
DES CONCEPTS FREUDIENS
Pour ce chapitre on aura avantage à consulter deux livres. D’abord celui de P. Kline Fact and Fantasy in Freudian Theory, Londres, Methuen, 1972 ; il contient un compte rendu fort détaillé de tout le travail accompli par les psychologues expérimentaux attirés par la théorie freudienne et qui ont tenté de la soumettre à des tests de laboratoire. L’auteur n’est pas dénué de sens critique, mais il omet l’examen d’hypothèses alternatives ; il est possible d’accepter son rejet de nombreuses données qui vont à l’encontre des théories freudiennes, mais il faudrait croire que ses évaluations plus positives sont, elles aussi, suspectes. Un ouvrage de H. J. Eysenck et G. D. Wilson, The Experimental Study of Freudian Theories, Londres, Methuen, 1973, examine les expériences importantes qui, d’après les critiques les plus compétents, appuient solidement les théories freudiennes, et tente de montrer, qu’en fait, elles ne font rien de tel. Au lecteur de décider s’il veut opter pour les thèses de Kline ou pour celles de Eysenck-Wilson.
CHAPITRE 7 : PSYCHO-BABILLAGE
ET PSEUDO-HISTOIRE
Ce chapitre est largement basé sur le travail de D. E. Stannard Shrinking History, Oxford, Oxford University Press, 1980, examen détaillé des revendications de Freud et de ses adeptes en ce qui concerne les études historiques envisagées du point de vue psychanalytique – le résultat est un compte rendu accablant pour la psychanalyse. Pour la portion du chapitre sur l’anthropologie, les lecteurs pourront se reporter à M. Harris, The Rise of Anthropoligal Theory, New York, Crowell, 1968, et E. R. Wallace, Freud and Anthropology : A History and Reappraisal, New York, International Universities Press, 1983. Nous renvoyons également à D. Freeman qui dans Margaret Mead and Samoa, Cambridge, Mass., Harvard University Press, 1983, montre clairement combien certaines théories et certaines interprétations anthropologiques peuvent être totalement dénuées de données concrètes.
CHAPITRE 8 : RESQUIESCAT IN PACE :
UNE ÉVALUATION
Nous voudrions ici recommander un livre de N. Morris, A Man Possessed : The Case History of Sigmund Freud, Los Angeles, Regent House, 1974. La lecture de ce livre, également appropriée pour le chapitre 1, analyse la personnalité de Freud comme nous l’avons fait, c’est-à-dire en considérant ses travaux comme une extension de sa personnalité même. Cet ouvrage éclaire aussi le chapitre 2 dans la mesure où il couvre les détails d’une analyse du point de vue de la victime.
Le livre de R. La Piere, The Freudian Ethic, New York, Dueil, Sloan and Perce, 1961, considère l’enseignement freudien d’un point de vue éthique et met l’accent sur les immenses dégâts qu’il a infligé à la société européenne.
The Standing of Psychoanalysis, Oxford, Oxford University Press, 1981, de B. A. Farrell, et Freud and Psychoanalysis, Milton Keynes, Open University Press, 1983, de R. Stevens étudient le statut scientifique de la psychanalyse et traitent beaucoup de questions soulevées dans ce chapitre. Ces deux auteurs ont une attitude critique vis-à-vis de la psychanalyse mais l’acceptent avec des réserves qui, comme je l’ai indiqué, la réduisent finalement à un statut non-scientifique.
Il existe, naturellement, beaucoup d'autres ivres et d'innombrables articles que le lecteur peut ou doit lire avant de se déclarer compétent à discuter les sujets traités ici. Toutefois les ouvrages mentionnés ci-dessus contiennent des bibliographies détaillées dont il ne convient guère d'allonger la liste [déjà exhaustive] que nous offrons ici.