Jeanne d’Arc

 

À M. C.-E. Bonnin,
Consul de France.

 

Ô Dieu, le feu qui fit brûler le crime infâme,
Lancé par des humains va punir l’innocent ;
Gomorrhe se venge, et contre ton oriflamme,
Dirige sa torche et lance son jurement !


                                   *
                                *    *

Mais non, le bûcher se change en aile de flamme,
L’ange monte où l’impie expire en blasphémant ;
Lie feu brûle le corps mais il éclaire l’âme,
L’homme naît de l’argile et l’ange du tourment.


                                   *
                                *    *

Inaltérable ainsi qu’un radieux joyau,
L’héroïne rayonne en face du bourreau,
Et l’on dirait que des clous d’or de l’étincelle,


                                   *
                                *    *

Un céleste ouvrier bâtit une âpre échelle
Qui s’appuie en bas sur la douleur et l’effort
Et monte dans l’azur entre les astres d’or !

 

 

Mai 1916.

 

W.-A. BAKER, Les disques d’airain, 1918.

 

 

 

 

 

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