Ave Maria

 

 

Ave Maria ! sur terre et sur mer ce chant est plein d’émoi,

Cette heure où l’on est plus près du ciel est la plus digne de toi !

Ave Maria ! Bénie à jamais soit cette heure adorée !

Que bénis soient le temps, le pays et l’endroit où si souvent

J’ai senti ce doux moment, dans sa puissance la plus sacrée,

Planer sur la terre si charmante, dans son vol émouvant,

Pendant que la cloche, grave, sonnait dans la tour éloignée,

Pendant que l’hymne du jour s’envolait, emporté par le vent,

Que pas un seul souffle ne troublait la délicieuse atmosphère,

Et que cependant les feuilles des bois semblaient être en prière !

 

Ave Maria ! c’est l’heure de la prière suppliante,

Ave Maria ! c’est l’heure de l’amour tout immatériel,

Ave Maria ! que notre âme reconnaissante et ardente

Ose adorer ton âme et celle de Ton Fils spirituel,

Ave Maria ! oh ! cette face si belle et émouvante !

L’œil baissé sous le regard de la Colombe de l’Éternel !

Car quoique ce tombeau ne soit qu’un Portrait peint, et bien frappant,

Ce n’est pas une idole, car il est beaucoup trop ressemblant !

Heure si douce ! qui fais naître le désir et fonds le cœur

De ceux qui parcourent les océans, le premier triste jour

Où de leurs amis si chers ils se séparent avec douleur,

Toi qui remplis le pèlerin en voyage d’un tendre amour,

Pendant que la cloche des vêpres le fait trembler de ferveur,

Paraissant pleurer sur le jour mourant s’envolant sans retour.

Est-ce donc une imagination que notre raison méprise ?

Ah ! rien ne meurt sans que quelque chose de douleur ne se brise !

 

 

 

Lord BYRON.

 

Traduit par sir Tollemache Sinclair.

 

 

 

 

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