Cantique de Siméon
Puisque, par un bonheur à nul autre pareil,
Mes yeux ont vu lever ce glorieux soleil
Après qui le monde soupire,
Ô Dieu, dont la clémence a contenté mes vœux,
Pour comble de bienfait la grâce que je veux
Est que tu souffres que j’expire.
Permets, permets, Seigneur, que j’aille chez les morts
Annoncer que ta grâce ouvre tous ses trésors,
Que ta main quitte le tonnerre,
Que des fils de Jacob le salut est certain,
Et qu’un astre se lève aux rives du Jourdain
Qui sauvera toute la terre.
Antoine GODEAU.
Recueilli dans Les poètes religieux,
anthologie du XVIIIe siècle à nos jours, 1912.