L’unique
Roi et surveillant des falaises de ces étendues
un jour tu tireras la couverture de l’Océan
pour en sortir les morts étendus
mais tu ne sortiras pas de moi, de mon néant
Veux-tu, ô roi, entrer dans mon néant ?
Dis-moi, père d’Adam, ce qu’est la vie de l’Homme
le cran d’arrêt de la prière ?
Écoute mes lèvres de prière et de gomme
Je dresse ma tête noire, ô monarque du bonheur
Il me semble que les rochers écroulent
ta colère dans l’inutile élan des boules
Plus bas est le vide des volcans
plus bas que le vide est le vide de mes os
mais tu ne t’en iras pas de moi, ô mystère
La plénitude solide est derrière un chaos
derrière les arbres la plénitude est un mot
La vérité serait avec toi en moi
Max JACOB.
Paru dans le Roseau d’or en 1928.
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