Vers adressés à Byron

 

 

Jette un cri vers le ciel, ô chantre des enfers!

Le ciel même aux damnés envierait tes concerts.

 

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Ah! si jamais ton luth, amolli par tes pleurs,

Soupirait sous tes doigts l’hymne de tes douleurs,

Ou si, du sein profond des ombres éternelles,

Comme un ange tombé tu secouais tes ailes,

Et prenant vers le jour un lumineux essor,

Parmi les chœurs sacrés tu essayais encor,

Jamais, jamais l’écho de la céleste voûte,

Jamais ces harpes d’or que Dieu lui-même écoute,

Jamais des séraphins les chœurs mélodieux

De plus divins accords n’auraient ravi les cieux!

Courage, enfant déchu d’une race divine!

Tu portes sur ton front ta superbe origine,

Tout homme en te voyant reconnaît dans tes yeux

Un rayon éclipsé de la splendeur des cieux!

Roi des chants immortels, reconnais-toi toi-même!

Laisse aux fils de la nuit le doute et le blasphème!

 

 

 

Alphonse de LAMARTINE.

 

 

 

 

 

 

 

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