Ce qui soutient le monde

c’est la pure haleine

des enfants qui étudient la Thora.

(Talmud de Jérusalem)

 

 

 

 

L’enfant d’Israël

 

 

Penchant sur la Thora son front lourd de merveilles,

L’enfant lit les versets des sources et du miel.

Tandis que le figuier tord ses branches, pareilles

Aux lions de Juda, sur le velours du ciel.

 

Le vieux rideau sacré, de sa pourpre éternelle,

Rosit la synagogue au mystérieux jour

Où sous le saint taliss à frange rituelle,

Il se consume ainsi qu’un cierge de Kippour.

 

Il écoute gémir le peuple mort qui bouge

Et quand le couchant saigne aux lampes du trésor,

Frissonnant, il croit voir surgir de cette eau rouge,

Un grand vieillard tout blanc avec des cornes d’or.

 

Tandis que l’ombre joue aux feuillets frémissants,

Des caravanes d’ambre, en des éclairs de glaive,

Parmi le ladanum, l’astragale et l’encens,

L’emportent dans l’air bleu, vers les déserts du rêve.

 

 

 

Carmen LAVOIE, Saisons de bohème, 1954.