Ode tirée des psaumes XIII et XV
L’Impie a dit : « Brisons ces temples.
Non, je ne connais point de Dieu. »
Il le dit, et porte en tout lieu
Ses pas impurs et ses exemples.
Le Seigneur s’en émeut, et, du plus haut des cieux,
Sur les enfants de l’homme il arrête les yeux.
Il cherche un juste sur la terre,
Il cherche et ne le trouve pas.
Par le plus noir des attentats
L’homme à ton Dieu livre la guerre.
Et de l’iniquité les ministres sanglants
Exécutent partout ses ordres insolents.
Tes ennemis sont dans l’ivresse :
Tu dis un mot ils ne sont plus.
Mais le bonheur de tes élus
Comme toi durera sans cesse ;
Le pécheur à la fin tombera sous tes coups :
Le temps est fait pour lui, l’Éternité pour nous.
Tout nous annonce ta Victoire.
Objet de ton fidèle amour,
Sion verra luire le jour
De ta puissance et de ta gloire.
Jacob sorti des fers, Jacob, tranquille, heureux,
T’offrira, plein de joie, et ses dons et ses vœux.
Jean-Jacques LE FRANC DE POMPIGNAN, Poésies sacrées.
Recueilli dans Les poètes religieux,
anthologie du XVIIIe siècle à nos jours, 1912.