Ode

 

 

Je te vois, soleil, je te vois

Marcher avec l’éclat d’un roi,

Mais quand ma vue en est blessée,

Un autre objet plus grand que toi

Occupe toute ma pensée.

 

Je le sens, il est dans mon cœur

Il ternit ton éclat trompeur ;

Près de ses merveilles sans nombre

Ta flamme est moins qu’une vapeur,

Et ta lumière moins qu’une ombre.

 

Par lui je vis, par lui tu cours

Et formes la nuit et les jours ;

Va, soleil, où sa voix t’appelle :

Je n’ai ni regards ni discours

Que pour sa lumière immortelle.

 

 

 

Paul PELLISSON-FONTANIER.

 

Recueilli dans Les poètes religieux,

anthologie du XVIIIe siècle à nos jours, 1912.

 

 

 

 

 

 

 

biblisem.net