Stances
Vous n’êtes que pouvoir, je ne suis que faiblesse,
Mon Dieu, mon créateur ;
Je vous trouve partout éternelle sagesse,
Toujours devant mes yeux et jamais dans mon cœur.
Arbres, fleurs et ruisseaux, dévote solitude,
Vous m’en dites assez pour des siècles d’étude.
Ces rameaux toujours verts, que l’automne révère,
Me prêchent mon devoir :
Tel serai-je, Il l’a dit, si je tâche à lui plaire.
Ah ! qui ne donnerait, pour un si haut espoir,
Arbres, fleurs et ruisseaux, votre douce innocence,
Qui le loue en tout temps et jamais ne l’offense ?
Qui vous mène à la mer, belles et claires ondes ?
Et vous, charmantes fleurs,
Où prenez-vous cet ambre et ces tiges fécondes,
Et ce divers feuillage et ces riches couleurs ?
Arbres, fleurs et ruisseaux, dévote solitude,
Vous m’en dites assez pour des siècles d’étude.
Paul PELLISSON-FONTANIER.
Recueilli dans Les poètes religieux,
anthologie du XVIIIe siècle à nos jours, 1912.