Jeanne d'Arc

 

 

par

 

 

Johann Christoph Friedrich von SCHILLER

 

 

 

 

Le démon de la raillerie t’a traînée dans la poussière pour souiller la plus noble image de l’humanité. L’esprit du monde est éternellement en guerre avec tout ce qu’il y a de beau et de grand : il ne croit ni à Dieu ni aux esprits célestes, il veut ravir au coeur tous ses trésors, il anéantit toutes les croyances en attaquant toutes les illusions.

Mais la poésie, d’humble naissance comme toi, est aussi une pieuse bergère ; elle te couvre de tous les privilèges de sa divinité, elle t’environne d’un cortège d’étoiles, et répand la gloire autour de toi... Ô toi que le coeur a faite ce que tu es, tu vivras immortelle !

Le monde aime à obscurcir tout ce qui brille, à couvrir de fange tout ce qui s’élève. Mais ne crains rien ! il y a encore de bons coeurs qui tressaillent aux actions sublimes et généreuses ; Momus fait les délices de la multitude ; un noble esprit ne chérit que les nobles choses.

 

Traduit de l'allemand par Gérard de Nerval.

 

 

 

 

 

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