Ode

 

 

Ainsi que la Tourterelle,

             À part elle,

Veuve, pleure ses ennuis,

Et sous le triste feuillage

             Son veuvage

Va soupirant jour et nuit,

 

Je me plains, je me tourmente,

             Je lamente,

Plein de peines et douleurs,

Et avec larmes amères

             En prières

Je passe mes nuits en pleurs.

 

La douleur qui me commande

             Est si grande,

Que je perds quasi l’espoir.

Et mourrai sans que ma vie

             Soit suivie

D’un doux désir de te voir.

 

Change doncque ma misère,

             Ô bon Père,

Et pardonne mon forfait.

Las ! las ! si devant ta face

             Je n’ai grâce,

Je serai soudain défait.

 

Puis quand tu marqueras l’heure

             Que je meure,

Veuille-moi tendre les bras,

Me donnant par ta clémence

             L’espérance

Que tu me retireras.

 

 

 

Claude de TRELLON.

 

Recueilli dans Les poètes religieux,

anthologie du XVIIIe siècle à nos jours, 1912.

 

 

 

 

 

 

 

biblisem.net