Époux


Dans un appel vers Dieu, pour le grand acte
                        Bien plus qu’humain,
Sceller d’amour l’indissoluble pacte,
                        Main dans la main :

S’offrir, se joindre, âme et chair, force et grâce,
                        Devant l’autel,
En enchaînant, mieux qu’un désir qui passe,
                        L’être immortel ;

S’unir, s’aider, sans que la foi dévie,
                        « Moi » restant « Nous »,
« Nous » restant « Moi », dans un seul flot de vie
                        Fécond et doux ;

Se refléter, clairs miroirs, – se répondre,
                        Échos vivants,
Et se donner, joyeux, jusqu’à se fondre
                        Dans les enfants ;

Fleurir ensemble ; à deux, biens ou misères,
                        Tout partager ;
Seuls, quand tout change, à deux, droits et sincères,
                        Ne point changer ;

Quand tout s’éteint, lorsqu’autour gagne et rampe
                        L’ombre qui ment,
L’un contre l’autre, entretenir la lampe
                        Fidèlement ;

Quand tout se lasse et s’use, trompe, oublie,
                        Fronts rapprochés,
Serrer les noeuds du passé qui nous lie
                        Plus attachés ;

Quand tout vieillit et se glace et se ride,
                        Garder son coeur
Chaud d’un amour toujours jeune et splendide...
                        – Et quand tout meurt,

Vainqueurs pareils de la tombe jalouse,
                        Dans un seul voeu,
N’offrir ensemble, époux avec l’épouse,
                        Qu’une âme à Dieu !



Gustave ZIDLER, La Gloire nuptiale.


Recueilli dans Les poèmes du foyer.

 

 

 

 

 

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