Les trois vertus

 

 

 

 

 

par

 

 

 

 

 

Georges ALLIÉ

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elles sont les trois sœurs bonnes, inséparables ; tendre son cœur sincère et confiant vers l’une, c’est mériter des trois l’aide qui réconforte et guide vers l’azur où nul n’est malheureux...

 

 

Elles sont trois aspects d’une même figure :

L’Homme aspire, s’essore ; la Foi doucement lui sourit ;

L’Homme pleure sans haine ; l’Espérance consolatrice lui tend une main cordiale et de l’autre lui montre le ciel ;

L’Homme souffre ; dans le sein fécond de la Charité il puise le lait de bonté qui le rend insensible à sa propre souffrance.

 

 

Quel labeur sans la Foi deviendrait la grande œuvre superbe, haute, bienfaisante !...

Quel est le malheureux qui, brisé par le doute, ne s’est ranimé sous un rayon d’espoir !...

Quel être n’a senti à l’heure rédemptrice où le cœur ému s’ouvre à la douleur d’autrui, passer en soi l’onde qui lave toute peine et donne le pouvoir magique de réconforter, de guérir.

 

 

Ô Saints, je vous comprends ! ô Saintes, je vous admire ! et vous, sages, en qui fleurissaient les vertus !... J’ai vu dans vos regards l’ineffable lumière.

Car vos yeux clairs et doux voient plus loin que la terre, plus haut que notre ciel si mobile et changeant ;

Vos gestes m’ont appris la grâce, l’onction. Et la main qui bénit et console, qui dispense joie et pardon, cette main est sacrée...

Et le geste est divin qui largement répand les forces bénéfiques, propices à tous ceux qui, vaincus dans les durs combats de la vie, haïssent, doutent, désespèrent.

 

 

Ô Foi, pur flambeau !...

L’Erreur, le Doute, l’Ignorance, ont trop souvent dirigé mes pas incertains, chancelants ; je suis le pauvre voyageur égaré dans un labyrinthe où tous les guides sont trompeurs.

Et je suis las de revenir, toujours par les mêmes sentiers vers le carrefour où le sphinx trône, immobile et ironique !...

Pur flambeau ! Étoile divine ! Ô foi !... montre-moi le chemin, la voie unique qui conduit à la vérité !...

 

 

Ô Espérance ! Étoile amie !...

Quel rocher résisterait à l’incessant assaut des vagues ?... Quel être en qui l’âme s’est révélée ne faiblit jamais sous les attaques sourdes et brutales du vivace instinct ?...

Je suis celui dont la douleur impitoyable a recouvert les yeux d’un opaque bandeau : et qu’est-ce le Néant, sinon l’obscurité profonde, impénétrable !... Ô Espérance ! donne à mon regard faible et court la lucidité !...

 

 

Ô Charité !... tu m’apparais comme un symbole radiant : la raison même de la Vie...

Je suis celui qui ne sait rien et voit si peu... et pourtant, quand je tends les bras vers l’Inconnu rempli de toutes choses ; quand je médite ; quand je me sens, lyre vivante, vibrer sous des souffles subtils venant de pays que j’ignore ; quand coulent sur mes joues les larmes douces et amères de la Pitié...

N’est-ce pas toi, Vertu céleste, qui me pénètre, qui m’anime ?... Ô charité !...

 

 

... Elles sont les trois sœurs, bonnes, inséparables ; tendre son cœur sincère et confiant vers l’une, c’est mériter des trois l’aide qui réconforte et guide vers l’azur où nul n’est malheureux...

 

 

 

Georges ALLIÉ.

 

Paru dans la Revue du spiritualisme moderne en 1906.

 

 

 

 

 

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